© INTERNEAu cœur du XVè siècle, les Portugais sont les maîtres des mers au sud de l'Equateur. Les missions d'exploration sont entraînées dans le sillage des flottes lisboètes. Le roi Joao II envoie en 1482 le navigateur Diogo Cao trouver la jonction entre les océans Atlantique et Indien. Longeant les côtes de l'Afrique de l'ouest, l'escadre portugaise explore et baptise l'embouchure du fleuve Zaïre. Avant, un an plus tard, d'aborder au Cap du Loup, Luanda, capitale de l'actuelle Angola.
![]() Le président angolais, J.E. Dos Santos - AFP |
Une guerre coloniale et une guerre civile sans fin
La contestation anti-coloniale naît au début des années 60, sous la bannière de la revendication d'une souveraineté totale de la colonie. Peu à peu, les multiples mouvements indépendantistes parviennent à se structurer et trois grands pôles émergent : le MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) d'obédience marxiste, au recrutement non tribal, l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) de l'étrange maoïsto-luthérien Jonas Savimbi et le FNLA (Front national de l'indépendance de l'Angola). C'est à ces trois guérillas que s'affronte l'armée portugaise salazariste, jusqu'à ce que la Révolution des œillets en 1974 destitue le docteur fascisant de Lisbonne et ramène la démocratie au Portugal. Et l'indépendance en Angola.
![]() Jonas Savimbi - AFP |
Pétrole et diamants, fonds de commerce des belligérants
Bien entendu, les ressources naturelles du pays sont largement exploitées par les belligérants. Au gouvernement du MPLA, le pétrole. A l'UNITA, les diamants. La guerre coûte cher, il faut mettre à jour son armement et le cadre des accords de l'ONU est contraignant pour les deux parties, en ce qui concerne l'achat d'armes. Les zones diamantifères de l'UNITA, dont le leader ambigü sera même reçu par Ronald Reagan, sont au huitième rang mondial en terme de production. Et c'est dans ce contexte que les compagnies pétrolières comme Elf Aquitaine, Agip ou Chevron se partagent un marché d'un peu moins d'un million de barils par jour. Et que quelques milliardaires africains, apparatchik léninistes reconvertis en fine fleur de l'ultra-capitalisme, pérorent dans une ville où la majorité des citoyens vont chercher de l'eau avec un sceau, faute d'alimentation collective.
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