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Y a-t-il un syndrome des Balkans ?

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le 05 janvier 2001 à 00h00 , mis à jour le 09 janvier 2001 à 04h41.
Temps de lecture
3min
Y a-t-il un syndrome des Balkans ?

Crédits : INTERNE

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MondeL’OTAN a indiquée qu’elle répondrait aux demandes européennes concernant l’usage de munitions à l’uranium appauvri dans les Balkans, susceptibles d’avoir provoqué le décès de plusieurs militaires ; Les Etats-Unis et le Canada ont affirmé de leur côté qu’il n’y avait aucune preuve de la nocivité des munitions incriminées.

Après le syndrome de la guerre du Golfe, qui a touché plus de 100 000 soldats, une nouvelle affaire est en passe d’ébranler les autorités de l’armée. La polémique a surgi après le décès suspect de huit militaires italiens ayant servi au Kosovo, conjuguée à l'apparition de maladies, regroupées sous le terme de "syndrome des Balkans", signalées chez des militaires belges, grecs et portugais ayant aussi servi dans la région. En France, quatre militaires sont actuellement soignés pour des leucémies.

Les Etats-Unis se défendent

Des écologistes estiment que ces décès et maladies sont dus à l'usage par l'OTAN de munitions à uranium appauvri qui, selon eux, dégageraient après l'impact des poussières radioactives provoquant des cancers. A Mons (Belgique), les militaires du quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE) jugent pourtant "virtuellement" nuls les risques pour la santé de l'inhalation de particules d'uranium appauvri.

Invités à s'expliquer par le ministre français de la Défense, Alain Richard, les Etats-Unis ont affirmé qu'il n'y avait aucune preuve de la nocivité des munitions, soulignant qu'ils continueraient à les utiliser. L'OTAN a indiqué, par l'intermédiaire de son président du comité militiare, l'italien Guido Venturoni, qu'elle répondrait aux demandes européennes

Des dommages mal connus


Les obus suspects -
Qui croire dans ces conditions ? A priori, l’uranium apauvri utilisé dans les armes est en effet nettement moins radioactif que l’uranium enrichi, dont les dommages sur la santé sont notoires (Hiroshima, Tchernobyl l’ont malheureusement prouvé). D’autre part, les dommages liés à la radioactivité se font sentir quelques années après l’exposition, et non quelques mois comme c’est le cas ici.

Pourtant, pour M. Chouquet, chef de service en hématologie à l’hôpital de la Pitié Salpetrière (Paris), joint par tf1.fr, il ne faut pas exclure définitivement l’hypothèse d’une contamination par l’uranium apauvri, "notamment parce qu’il s’agit d’armes d’un type nouveau et que nous n’avons encore aucune certitude concernant les dommages qu’elles peuvent causer".

Le benzène en cause ?

Autre possibilité : que les soldats soient entrés en contact avec des produits à forte toxicité. "Le benzène et d’autres produits chimiques peuvent être très dangereux et provoquer des leucémies chroniques", explique ainsi M. Chouquet. L’uranium apauvri étant un métal lourd, il peut, comme le plomb, avoir également des effets néfastes sur le système rénal et hépatique "mais cela n’a rien à voir avec les cancers ou les leucémies", ajoute M. Chouquet.

Le mystère demeure donc autour de ces cas. Une chose est sûre néanmoins: il est peu probable que les différentes affections dont souffrent ces militaires relèvent d’une simple coïncidence.

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