Vache folle : quand l’Allemagne réagit

Par , le 13 janvier 2001 à 00h00

Après s’être longtemps crue épargnée par la maladie de la vache folle, l’Allemagne vient de prendre, à l’instar de ses voisins européens, des mesures drastiques pour prévenir les risques. Samedi, un treizième cas de vache folle a été décelé dans les cheptels bovins allemands.

Vache folle : quand l'Allemagne réagit © INTERNE

Il y a de cela quelques semaines encore, l’Allemagne était convaincue que les problèmes de la Vache folle s’étaient arrêtés à ses frontières. Depuis, 13 cas ont été décelés dans les cheptels allemands, deux ministres ont du donner leur démission et les mesures de lutte et de prévention contre le fléau se multiplient.

Ainsi, le gouvernement allemand a-t-il annoncé, vendredi, qu’il allait rendre obligatoire l’abattage du troupeau entier quand un cas de vache folle a été décelé dans une exploitation. Une " base juridique " est en cours de préparation à cette fin. De son côté, l’industrie allemande de la viande a annoncé qu’elle renonçait "volontairement" à utiliser de la chair récupérée mécaniquement sur les os de tous les animaux dans la fabrication de saucisses et de pâtés, pour éviter tout risque de contamination par l’ESB. De même, le ministère bavarois de l'Agriculture a ordonné vendredi pour la première fois la fermeture d'une usine d'aliments pour bovins et le rappel de sa production, à la suite de la découverte de traces de farines carnées dans des échantillons.

400 000 vaches à abattre

En l’état actuel des choses, ce sont 400 000 vaches laitières de plus de 30 mois qui vont être abattues en Allemagne dans le cadre des mesures décidées à Bruxelles, en décembre, par les ministres européens de l’agriculture. Ce rachat de bétail "pour destruction" doit être financé à 70% par les caisses de l’Union européenne et à 30% par les Etats membres. Le programme commencera en février, le temps que les consignes envers les abattoirs soient organisées.

En milieu de semaine, le chancelier Gerhard Schroeder avait annoncé un "virage" de la politique agricole de l'Allemagne, qui devra désormais être considérée "du point de vue du consommateur". Et pour accomplir ce changement, deux nouveaux ministres ont fait leur entrée au gouvernement. Renate Kuena, pour l’Agriculture et Ulla Schmidt, pour la Santé. Leurs prédécesseurs, Andrea Fischer et Karl-Heinz Funke, gravement mise en cause pour leur gestion de la crise de la vache folle, avaient du démissionner. Ils se sont attirés les foudres de l’opinion lorsque le premier cas d’ESB a été signalé en novembre dernier alors que les deux ministres avaient toujours affirmé publiquement que le cheptel allemand était exempt d’ESB. Une affirmation démentie depuis par le programme de dépistage.

Effondrement du marché

Le marché du bœuf s’est effondré ces derniers temps en Allemagne : le nombre de bêtes abattues en décembre est deux fois moindre que le mois précédent. Le prix du bœuf s’est écroulé chez les grossistes alors que les détaillants, eux, ont réussi à stabiliser leurs rentrées. On a même constaté une augmentation du prix de la viande dans les boucheries.

Par Alexandra Guillet le 13 janvier 2001 à 00:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience