© INTERNEBarak a révélé qu'il abandonnait toutes ses charges politiques, renonçant à son siège de député à la Knesset et à la présidence du parti travailliste. |
Les responsables arabes posent leurs jalons
LES PROPOSITIONS DE SHARON 1. Pas de nouveau transfert de territoires aux Palestiniens, qui devront donc se contenter des zones qu'ils contrôlent déjà, à savoir environ les deux-tiers de la bande de Gaza et quelque 42% de la Cisjordanie. Pas question donc pour Israël de céder la vallée du Jourdain, zone stratégique située le long de la frontière avec la Jordanie. 2. Maintien de la souveraineté israélienne sur l'intégralité de Jérusalem, autrement dit refus de tout partage de souveraineté sur la partie orientale (arabe), conquise et annexée en 1967 par Israël. "Je veillerai à préserver Jérusalem comme capitale éternelle du peuple juif", a déclaré M. Sharon mardi après avoir voté. 3. Pas de démantèlement de colonie: "aucune implantation ne sera démantelée, car toutes les implantations se trouvent dans des zones de sécurité qui doivent être contrôlées par Israël, et cela comprend la vallée du Jourdain". 4. Un Etat palestinien, auquel il n'est pas en principe opposé, devra être totalement démilitarisé. 5. Construction d'un tunnel pour relier la région de Ramallah (nord de Jérusalem) à celle de Naplouse (nord de la Cisjordanie).
Selon la correspondante de TF1 présente dans les locaux du parti travailliste, l'ambiance était depuis la fin d'après-midi à la morosité. Les témoins affirmaient que l'on pouvait même compter plus de journalistes que de militants au siège du mouvement d'Ehud Barak, dont la défaite avec un écart de 25 points n'est pas seulement une défaite, mais une véritable déroute. Sans doute ne s'attendait-on pas à un plébiscite et l'optimisme ostensiblement affiché par le leader travailliste jusque dans son bureau de vote, mardi matin, est désormais teinté d'amertume pour ceux qui pensait que "Arik" ne pouvait décemment pas prendre la tête du pays. Les travaillistes, élus triomphalement en 1999 aux dépens de Benjamin Nétanyahou, retournent dans l'opposition, forts seulement d'un puissant groupe parlementaire à la Knesset.
Le camp arabe manifestait mardi soir autant d'appréhension que de modération. Par la voix du secrétaire général du Cabinet palestinien, Ahmad Abdelrahmane, l'Autorité de Yasser Arafat a d'ores et déjà fait savoir que les propositions énoncées par Ariel Sharon lors de la campagne électorale n'étaient "pas une base de discussions". Mais un conseiller du président Arafat a fait savoir que son chef "respecte le choix du peuple israélien et espère la poursuite du processus de paix". Le voisin syrien, de son côté, maintient sa revendication d'une paix basée sur la restitution de tous les territoires arabes occupés par Israël, a affirmé le directeur général de l'agence officielle SANA, Ali Abdel Karim Ali. Et la Jordanie a déclaré, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qu'elle jugerait Ariel Sharon "selon son engagement pour la paix et son action pour la réaliser". L'inquiétude prévaut toutefois en Israël, alors que le mouvement intégriste Hamas voit dans le triomphe de "Arik" une raison pour "poursuivre la résistance".
Et maintenant, gouverner
Même si les résultats définitifs, qui devraient être officiellement publiés jeudi, réduisait l'écart de 25 points donné par les télévisions israéliennes, Ariel Sharon a dès ce soir la lourde tâche de former un gouvernement. Deux scénarios sont possibles : un gouvernement d'union nationale, incluant les travaillistes, ce que ces derniers, notoirement divisés sur le sujet, s'obstinent officiellement à refuser pour ne pas siéger sous les ordres "d'extrêmistes", ou un gouvernement d'alliance avec l'extrême-droite et les partis religieux. Le nouveau Premier ministre Sharon a pourtant réitéré, par téléphone mardi soir, sa demande de formation d'un cabinet d'union nationale à Ehud Barak, sans que celui-ci n'ait encore réagi. Il a simplement fait savoir, lors de son allocution télévisée, que "nous [les travaillistes] avons perdu la bataille, mais nous gagnerons la guerre", affirmant que le chemin qu'il avait proposé aux Israéliens était "celui de la vérité", concluant que "le public israélien n'est pas mûr pour cette vérité douloureuse". Du côté des partis radicaux ou religieux, le soutien inconditionnel à Ariel Sharon devraient, quoi qu'il en soit, leur permettre de retrouver des portefeuilles ministériels.
Selon les textes en vigueur, le Premier ministre dispose maintenant de 45 jours pour former son cabinet ministériel.
Selon les textes en vigueur, le Premier ministre dispose maintenant de 45 jours pour former son cabinet ministériel. Les luttes de pouvoir et les ambitions au sein du Likoud, les combats fratricides annoncés au sein du parti travailliste, entre partisans d'Ehud Barak et amis de Shimon Peres, qui a annoncé mardi que, lui, aurait "remporté l'élection" s'il avait été investi, les intérêts croisés des religieux, des colons et des russophones sans qui la droite israélienne n'aurait peut-être pas gagné mardi soir : tout cela va devenir le pain quotidien du 15ème Premier ministre de l'Etat d'Israël.
_________________________________________________
Analyses, portraits, interviews...
Retrouvez les élections israéliennes dans notre dossier spécial
ISRAEL 2001
Retour MYTF1
Chargement en cours...




