Barak quitte la politique

Par Christophe ABRIC , le 21 février 2001 à 07h18 , mis à jour le 21 février 2001 à 07h45

Critiqué par son propre camp, Ehud Barak a fini par renoncer au portefeuille de la Défense que lui proposait Ariel Sharon. Il a annoncé qu'il quittait la politique, mais qu'il soutenait toujours l'idée d'une union gauche-droite.

barak sharon poignee de main © INTERNE

Barak avait annoncé qu'il quittait la politique. Puis il  avait accepté de rejoindre son adversaire Ariel Sharon dans un gouvernement d'union nationale, dans lequel il aurait pris le portefeuille de la défense. Les critiques ont alors fusé, son propre camp ne comprenant pas cette décision. Face à cette volée de bois vert, Ehud Barak a renoncé. Il a annoncé hier soir qu'il ne serait pas le ministre de la Défense d'Ariel Sharon.

"Obéir aux ordres"

Dans une lettre à M. Sharon publiée par la présidence du Conseil, le Premier  ministre sortant explique pourquoi il a finalement renoncé à l'offre d'entrer dans un futur gouvernement Sharon, après l'avoir acceptée, revenant ainsi sur  sa décision d'abandonner provisoirement la vie politique, au soir de sa défaite  électorale le 6 février. "J'avais accepté la proposition d'entrer dans votre gouvernement par  responsabilité nationale et sachant le prix que cela me coûterait", écrit Barak. "Mais à la lecture des titres récents de la presse, j'ai compris ce que  vous entendiez par un travail commun", ironise M. Barak en référence aux titres  des journaux selon lesquels il n'aurait qu'à "obéir aux ordres" de M. Sharon. Il accuse en outre M. Sharon de s'être immiscé dans les "affaires internes  du parti travailliste" et réaffirme son opposition, ainsi que celle de son parti, à la participation de l'extrême droite à un gouvernement d'union nationale, que M. Sharon refuse d'écarter.

Toujours en faveur d'une union

Toutefois, M. Barak se déclare en faveur de la participation à un gouvernement d'union nationale si ces divergences sont réglées et précise qu'il  la "recommandera à ses camarades du parti travailliste". Dans une missive au secrétaire général du parti, M. Barak a confirmé qu'il renonçait aussitôt à la direction du parti travailliste et qu'il allait démissionner de son siège de député à la Knesset (Parlement) dès la mise en  place d'un nouveau gouvernement.

La décision de M. Barak risque de compliquer la tâche de M. Sharon pour  constituer un gouvernement avec les travaillistes, privés de direction.

Par Christophe ABRIC le 21 février 2001 à 07:18
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