© INTERNEOn a trop souvent tendance à l’oublier mais donner la vie peut entraîner la mort. Chaque année dans le monde, 514.000 femmes décèdent des suites de complications (hémorragies, toxémies, accouchements difficiles ou septicémies) survenues lors d’une grossesse, d’un accouchement ou d’un avortement non médicalisé. 98% de ces décès se produisent dans les pays en voie de développement (PVD).
Une femme sur quatre victime d’infections post-natales
Dans un rapport sur la mortalité des mères pour la période 1998-1999, le Fonds de l'ONU pour la population (FNUAP) indique que 300 millions de femmes, essentiellement dans les PVD, souffrent d'infections ou de longues maladies après une grossesse, soit un quart de la population de femmes adultes dans ces pays. "La santé des femmes est tellement négligée et leurs conditions entourées d'une telle honte qu'elles ne sont pas traitées, sont confinées dans leurs souffrances et leur humiliation, et finissent par être isolées et exclues de la famille et de la communauté", relève le rapport.
Huit millions de bébés décédés
Sur huit millions de morts de bébés enregistrés chaque année, les deux tiers surviennent le premier 300 millions
mois après la naissance et 3,4 millions dans la première semaine. La plupart des morts pré ou post-natales sont le résultat d'une santé faible de la mère et de soins inadéquats pendant la grossesse, lors de l'accouchement ou lors de la période suivant l'accouchement. Selon le Fonds, un million ou plus d'enfants perdent leur mère chaque année, ce qui leur donne un risque trois à dix fois plus grand de mourir dans les deux ans que les enfants qui ont leurs deux parents.
de femmes,
souffrent
d'infections ou de
longues
maladies
après une
grossesse
Les carences en infrastructures médicales, le désengagement des Etats ainsi que les freins culturels et religieux, particulièrement dans les PVD, expliquent en partie l’ampleur du phénomène. Mais au-delà de la brutalité des chiffres, la mortalité maternelle n’est pas une fatalité. Trois spécialistes français l’ont confirmé à la rédaction de tf1.fr :
Marie-Hélène Bouvier-Colle, épidémiologiste et directeur de recherche à l’Inserm :
"En France, on comptabilise chaque année 60 à 100 décès dits maternels, directement ou indirectement dus à des causes obstétricales, pour 740.000 naissances. Une situation qui n’a rien de comparable avec celle des pays en voie de développement mais qui demeure inadmissible. Depuis 1995, la direction générale de la Santé a demandé à un comité d’experts d’étudier en détail les causes de ces décès et de dégager des axes de progrès. Certains décès peuvent être évités en Chaque année,
mettant en place de meilleures procédures d’intervention, notamment en cas d’hémorragies pendant ou après l’accouchement. Il faut aussi prendre conscience que les risques sont multipliés par trois pour les grossesses menées au-delà de 35 ans. Mais c’est un discours délicat, qui peut être perçu comme une remise en cause de la liberté sexuelle acquise par les femmes."
60 à 100 décès
maternels
pour
740.000
naissances
en France
Philippe Gabrié (Médecins du Monde), responsable de mission dans une région rurale du sud du Penjab, au Pakistan :
"Le Pakistan enregistre des taux de mortalité maternelle parmi les plus élevés au monde. Paradoxalement, cela représente seulement quelques dizaines de cas par an dans notre zone d’intervention. Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile de mobiliser la population sur ce thème. Notre rôle a consisté à sensibiliser et à organiser la communauté en s’appuyant sur des travailleuses de santé locales que nous avons formées. La difficulté consiste à faire fonctionner l’ensemble des structures médicales, depuis le dispensaire de campagne jusqu’à l’hôpital régional."
Emmanuelle Chazal (Médecins sans Frontières), responsable Formation pour les soins de santé materno-infantiles :
"A Pucalpa, dans la forêt amazonienne du Pérou, les populations sont très isolées et accèdent difficilement aux soins, pour des raisons géographiques, économiques et culturelles. Les femmes enceintes sont les principales victimes de cette situation. En partenariat avec les villageois et les professionnels de la santé sur place, nous avons donc sélectionné une douzaine de femmes volontaires, respectées au sein de leur communauté, pour les former au métier de sage-femme. En facilitant l’accouchement à domicile, nous nous sommes adaptés au contexte local."
Retour MYTF1
Chargement en cours...




