© INTERNEIl aura fallu une bonne choucroute et trois heures de discussions pour relancer le couple franco-allemand. Le dîner au sommet entre les dirigeants français et allemands hier soir dans le village alsacien de Blaesheim, près de Strasbourg, s'est finalement achevé sur "une vision commune" de l'avenir de l'Europe. Une vision qu'ils auront l'occasion d'approfondir puisque le chancelier allemand Gerhard Schroeder a indiqué que ces sommets informels bilatéraux se poursuivraient à un rythme régulier, "toutes les six à huit semaines".
Les déchets nucléaires reprennent du service Le Premier ministre français Lionel Jospin et le chancelier allemand Gerhard Schroeder se sont mis d'accord sur la reprise des transports des déchets nucléaires entre les deux pays. "Un premier retour de déchets vitrifiés vers l'Allemagne aura lieu à la fin du mois de mars ou début avril. Alors pourra reprendre le cours normal des transports vers la France des combustibles usés provenant des centrales nucléaires allemandes, qui seront traités à La Hague, puis réexpédiés vers l'Allemagne", précise un communiqué. Les convois de déchets nucléaires depuis la France vers l'Allemagne ont été interrompus en 1998 à la suite de manifestations, notamment de la part des écologistes allemands. |
"La construction de l'Europe est notre responsabilité"
"Après la période toujours difficile de la présidence (française de l'Union européenne au deuxième semestre de 2000), je crois qu'il était bon que nous puissions en commun exprimer nos sentiments et surtout notre vision de l'avenir", a commenté le président français. Le chancelier Shroeder n'a quant à lui pas caché que la France et l'Allemagne avaient "toujours eu des petites différences de points de vue". "Mais nous sommes vraiment d'accord pour estimer que la construction de l'Europe est notre responsabilité, et nous l'assumerons", a-t-il ajouté.
Pour Lionel Jospin, la soirée, "peut-être parce c'était le changement du siècle", n'a pas été "tournée vers le passé" mais "vraiment orientée vers l'avenir". A la veille du sommet, un haut responsable allemand avait estimé que le moteur franco-allemand devrait désormais trouver son ressort dans "le présent et l'avenir et non plus dans le passé".
Si Jospin n'a pas encore exposé sa conception de l'avenir de l'Europe, le président Chirac s'est plu à rappeler qu'il s'était exprimé "il n'y a pas si longtemps devant le Bundestag" - en juillet - où il s'était prononcé en faveur d'une constitution européenne. Mais le Premier ministre n'a pas voulu être en reste : "Nous avons suffisamment de rendez-vous devant nous pour que nous n'ayons aucun mal, notamment pour ce qui me concerne qui ai peut-être été le plus discret jusqu'à maintenant, à définir une doctrine dans l'action."
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