Creutzfeldt-Jakob : l'Angleterre indemnise ses victimes

Par , le 14 février 2001 à 20h30 , mis à jour le 14 février 2001 à 20h55

Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi, que les familles des victimes de la forme humaine de la maladie de la Vache folle allaient recevoir chacune un premier versement de plus de 250 000 francs de compensation provisoire.

86 personnes sont officiellement mortes de la forme humaine de la maladie de la vache folle en Grande-Bretagne. La présence de la maladie est suspectée chez huit autres personnes vivantes. Le gouvernement britannique vient d’annoncer le versement de 250 000 francs de compensation provisoire aux familles des victimes.

Une centaine de familles de victimes va toucher une première indemnisation de 250 000 francs.

"Rien ne peut compenser la perte d'un être aimé, mais j'espère que ces premiers versements aux familles des victimes du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) allègera le fardeau financier auquel elles peuvent avoir à faire face", a déclaré le ministre de la Santé, Alan Milburn. "Ces paiements représentent le premier acompte d'une compensation plus importante pour les personnes touchées", a-t-il précisé.

Le gouvernement britannique avait annoncé en octobre dernier la création d'un fonds de compensation pour les parents des victimes, doté dans un premier temps de 10 millions de francs. Il entendait ainsi couper court aux recours en justice déjà introduits par plusieurs de ces familles. Un rapport indépendant, publié à l’époque, reprochait aux pouvoirs publics d'avoir tardé à écouter les scientifiques s'inquiétant d'une possible transmission de la maladie à l'homme, puis d'avoir traîné les pieds avant d'en informer le public.

Trouver un responsable

Les familles des victimes veulent la désignation d'un coupable

M. Tibbert, président d'une association des familles des victimes, a salué mercredi la mesure gouvernementale. "Mais cela a été long à venir et il y a encore du chemin à parcourir", a-t-il déclaré. "De nombreuses familles jugent encore décevant que personne n'ait été formellement désigné comme responsable de ce qui s'est passé", a ajouté M. Tibbert.

Après deux ans et demi d'enquête, le rapport de la commission présidée par l'un des plus éminents juristes du pays, Lord Nicholas Phillips, avait été moins sévère que ce à quoi la presse s'attendait. Il estimait qu'il n'y avait pas eu mensonge délibéré des pouvoirs publics mais une série d'erreurs commises "non par laisser-aller mais sous la pression du travail". La maladie de la vache folle est apparue en Grande-Bretagne en 1986 et des scientifiques ont soulevé dès 1990 la possibilité de sa transmission à l'homme. Mais il a fallu attendre 1996 pour que ce lien soit officiellement reconnu, suscitant immédiatement un embargo européen sur le boeuf britannique, qui n'a été levé qu'en août 1999.

(Photo Une : une jeune britannique atteinte du nvMCJ)

 

Par Alexandra Guillet le 14 février 2001 à 20:30
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