© INTERNEOn l'attendait au tournant, le fils Bush, ce président dont les nombreuses bourdes de candidat avaient été compilées avec délice par une presse moqueuse, qui n'arrivait pas à retenir le nom "Milosevic" ou s'inquiétait que "de plus en plus d'importations viennent de l'étranger". George donnait hier soir sa première conférence de presse en tant que président. Et personne n'a rien trouvé à redire : de l'avis général, il s'en est tiré avec brio. Y compris sur le délicat sujet irakien.
Les réponses étaient courtes, le ton enjoué avec juste ce qu'il faut de nervosité. Le président a pu lancer un nouvel avertissement à l'Irak, mais aussi à la Chine pour l'aide militaire qu'elle fournit à Bagdad, selon Washington. Et il a délicatement évité de nourrir les controverses, notamment à propos des grâces accordées par son prédécesseur.
Réfléchir à de nouvelles sanctions contre Bagdad
Après avoir affirmé sa satisfaction devant les résultats obtenus en quatre semaines par son administration pour changer le climat politique de Washington, George W. Bush a d'abord réservé ses propos les plus fermes pour Saddam Hussein. Il a remis en garde le président irakien en affirmant que les Etats-Unis "ne toléreraient pas" que l'Irak développe des armes de destruction massive ou menace ses voisins. Mais il a dans le même temps confirmé que la nouvelle administration procédait à un réexamen de sa politique de sanctions à l'égard de Bagdad pour les rendre plus efficaces, l'embargo actuel ressemblant à "du gruyère", a-t-il dit.
M. Bush s'est également déclaré "préoccupé et troublé" par l'aide que la Chine apporterait à l'Irak pour améliorer l'efficacité de son réseau de communication militaire. Il est "troublant" que les Chinois "développent un dispositif (NDLR: la défense antiaérienne irakienne) qui met en danger nos pilotes", a-t-il dit, en indiquant que son administration allait intervenir auprès de Pékin.
En revanche, il s'est déclaré "encouragé" par les dernières déclarations des dirigeants russes sur les questions de défense antimissiles. Moscou a proposé cette semaine au secrétaire général de l'OTAN George Robertson le développement en coopération avec les Européens d'un système mobile de défense antimissiles non-stratégiques. "Cela indique qu'ils reconnaissent qu'il y a de nouvelles menaces, dans l'ère de l'après-guerre froide, et qu'elles nécessitent une réponse s'appuyant sur des systèmes antimissiles, a-t-il dit.
Discret sur les grâces de Clinton
Pressé de questions sur la controverse faisant rage depuis plusieurs semaines sur les grâces présidentielles accordées par Bill Clinton, il s'est bien gardé de remuer le couteau dans la plaie. Il a affirmé au contraire sa volonté de tourner la page, et de se consacrer aux grandes réformes qu'attendent les Américains, assurant qu'il respecterait pour sa part les règles d'éthique les plus strictes en matière de grâces présidentielles.
Durant sa prestation, M. Bush n'a semblé pris au dépourvu qu'une seule fois, lorsqu'il a été interrogé ce qu'il entendait dire vendredi au Premier ministre britannique Tony Blair sur les projets de défense commune européenne. "Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont des relations spéciales et j'entends les maintenir. Je me réjouis de recevoir le Premier ministre britannique et je lui parlerai de l'importance de l'OTAN", a répondu M. Bush, en renvoyant à sa conférence de presse conjointe vendredi soir avec M. Blair pour plus de détails.
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