© INTERNE"Le président irakien Saddam Hussein a présidé une réunion conjointe du Conseil de commandement de la révolution et de la direction du parti Baas pour examiner les mesures militaires à adopter pour riposter aux Etats-Unis". Cette information, transmise samedi par l'agence officielle irakienne INA, tient plus de la gesticulation que de la menace réelle. Mais elle donne le ton de la situation qui règne en Irak après les frappes américano-britanniques. Elle marque surtout un renouveau des tentatives du gouvernement irakien pour monter l’ensemble des pays arabes contre les Etats-Unis. Participent de la même stratégie les images d’un Saddam Hussein accusateur diffusées par la télévision irakienne, ou celles des blessés sur leur lit d’hôpital, montrées et remontrées à chaque flash d’information. Après son père, voici donc le nouveau président américain George W. Bush directement confronté au "problème irakien".
La colère gronde dans les pays arabes
Officiellement, l’opération lancée vendredi soir constituait "une réponse à l'activité irakienne accrue au cours du dernier mois et demi, visant à atteindre des appareils militaires américains et britanniques". De la part du président américain, il s’agissait de sa première décision de recours à la force contre l’Irak. George W. Bush a d’ailleurs aussitôt tenté de minimiser l’opération en parlant d'une "mission de routine". Pourtant, celle-ci a mobilisé plus de 50 avions et des personnalités du Pentagone ont reconnu, sous couvert d'anonymat, que "c'était le plus grand nombre d'avions utilisés dans une mission unique depuis l'opération 'Renard du désert' ", en 1998. 
Une blessée sur son lit d'hôpital
Ces premiers pas du président américain sur le terrain miné de la politique au Proche-Orient ont eu, c’est certain, un retentissement considérable. Mais leur impact sur l’image de l’Amérique dans la région est désastreux. A présent, l'Irak se dit déterminé à se venger de ces raids, qui ont fait selon Bagdad deux tués et plus de 20 blessés civils. Ces bombardements ont aussi suscité la colère dans le monde arabe qui y voit un signe de la détermination de la nouvelle administration américaine "à poursuivre son agression", tandis qu'en Europe, beaucoup ne cachent pas leur désapprobation.
Une "opération de routine"
![]() Réunion du Conseil de Commandement |
En-dehors du monde arabe, l’action américaine est aussi vue avec, au mieux, une forte méfiance. A Moscou, le président russe Vladimir Poutine a estimé que "de pareilles actions non provoquées ne contribuent pas au règlement de la situation irakienne (qui) peut et doit être politique". La France a aussi critiqué les frappes, jugeant qu'elles rendaient plus difficile la recherche d'une solution au problème irakien. Le gouvernement des Etats-Unis, mis en position d’accusé, se défend avec maladresse. Et les cris de vengeance du gouvernement irakien pourraient bien réveiller dans l’ensemble du monde arabe tous les vieux démons anti-américains.
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