© INTERNELes Israéliens avaient élu triomphalement cet ancien chef d'unité commando, avant de le mettre à la porte du pouvoir en lui préférant le "grand-père" Sharon.
"Le dernier zag de Barak", titrait mercredi matin le Jerusalem Post. "Alors que nous pensions tous qu'Ehud Barak avait zigué tous les zags possibles, il en a zigué encore un autre la nuit dernière. Ce sera, c'est certain, son dernier". Ainsi l'analyste du quotidien anglophone résume-t-elle l'amertume des Israéliens, qui avaient élu triomphalement cet ancien chef d'unité commando au poste de Premier ministre, avant de le mettre à la porte du pouvoir en lui préférant le "grand-père" Sharon. Ehud Barak a décidé tout à la fois de renoncer à un portefeuille ministériel mardi soir, de renoncer à son fauteuil de leader travailliste aussi, à son siège de député également. De renoncer à la politique, dit-il.
Confronté à la grogne d'une frange des travaillistes, menée entre autres par son grand rival Avraham Burg, président de la Knesset, Ehud Barak laisse donc le nouveau Premier ministre Ariel Sharon face à ses rivaux. Le porte-parole de Sharon fait savoir mercredi que les négociateurs de la droite allaient "poursuivre les pourparlers avec les travaillistes", tout en espérant "que cela ira désormais très vite pour réaliser l'union nationale". Et Sharon de proposer dans la foulée le portefeuille de la Défense, abandonné par Barak, à Shimon Peres, lors d'une conversation téléphonique. "Une telle offre serait une grave erreur de la part de M. Sharon, car c'est au parti travailliste seul de désigner ses représentants au sein du gouvernement", a aussitôt embrayé le porte-parole du parti travailliste Yerach Tal, estimant qu'une "telle ingérence serait inadmissible".
Dissensions travaillistes
VIOLENCES Deux Palestiniens et un Israélien ont été blessés dans un nouveau regain de violences jeudi en Cisjordanie, alors qu'une bombe de forte puissance a explosé dans la ville de Hébron. Un couple palestinien a été blessé par des balles tirées par des soldats israéliens dans le village de Qousra, dans le nord de la Cisjordanie, après qu'un autobus israélien eut essuyé des tirs dans la même région. A Jérusalem-est, un Israélien qui circulait dans sa voiture a été blessé dans la matinée à l'épaule par des tirs de Palestiniens. Les auteurs de l'attaque ont réussi à prendre la fuite dans une voiture et la police a établi des barrages routiers. A Hébron, une bombe de forte puissance a explosé prématurément dans un secteur contrôlé entièrement par l'Autorité palestinienne, a déclaré le colonel Noam Tibon, le commandant de la région de Hébron, à la radio militaire.
Du côté de la gauche, l'union ne s'est pourtant pas faite autour d'un gouvernement gauche-droite. Tandis que les ministres sortants Binyamin Ben Eliezer et Haïm Ramon se sont déclarés prêts à participer à un gouvernement incluant les ultras des partis religieux et russophone, l'ancien ministre de la Justice Yossi Beilin a jugé une telle alliance "moralement inacceptable", car "à l'encontre de tous nos principes". Seul Shimon Peres, défenseur de l'ombre d'une realpolitik qui aiderait le processus de paix à ne pas mourir, ne s'est pas exprimé sur le sujet. Lui qui était, depuis deux semaines, invariablement cité pour le poste de ministre des Affaires étrangères.
Derrière cette lutte pour ou contre l'entrée au gouvernement se profile également une échéance interne au parti travailliste. Laissé vacant, le poste de dirigeant de la première formation de la gauche israélienne est brigué notoirement par Avraham Burg, populaire pourfendeur de Barak, Benyamin Ben-Eliezer, ancien gouverneur militaire de Cisjordanie devenu pragmatique, Haïm Ramon, farouche adversaire de Barak qui avait critiqué les négociations de la dernière chance à Taba, et Shlomo Ben Ami, ancien chef de la diplomatie d'Israël et homme de paix acharné.
Perplexité palestinienne
De leur côté, les Palestiniens observent avec perplexité les soubresauts et les combinazzione de la vie politique israélienne. Un proche conseiller de Yasser Arafat a ainsi estimé que "le chaos politique en Israël nuit au processus de paix", réaffirmant que leur "principal souci est de voir un gouvernement qui se sente engagé à reprendre les négociations là où elles s'étaient arrêtés". Un optimisme qui pourrait ressembler à une stricte application de la méthode Coué.
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