© INTERNEFinalement, la révolte des prisonniers brésiliens aura fait seize morts – seize morts seulement, pourrait-on dire, et surtout, uniquement parmi les détenus, dont sept dans la seule prison de Carandiru. Les otages, quant à eux, sont sains et saufs, et ont tous été libérés. C’est ce qu’a annoncé dans la journée le Secrétaire à la Sécurité de l'Etat de Sao Paulo, Marco Vinicio Petreluzzi, peu après que la police militaire ait indiqué qu'elle avait repris le "contrôle" complet de toutes les prisons.
Une mutinerie sans précédent
![]() Les mutins rassemblés dans la cour de la prison de Carandiru |
Première cause des révoltes : la surpopulation carcérale
Cette révolte historique a surtout mis à nu les failles du système pénitentiaire brésilien : surpopulation, trafics en tous genres et mainmise croissante de bandes organisées sur le fonctionnement interne des établissements. "Comment les milliers de détenus de 29 prisons différentes ont-ils pu se mettre d'accord pour déclencher de manière simultanée la plus grande mutinerie jamais organisée au Brésil ?" La question que se posent désormais tous les Brésiliens a une réponse simple : les téléphones cellulaires. Quelques jours après une fouille générale des établissements la semaine dernière, les appareils ont refait surface très rapidement. Le trafic de téléphones cellulaires est extrêmement courant dans les prisons de l'Etat de Sao Paulo, qui abrite près de la moitié des 196.000 détenus du Brésil. Tout comme le trafic d’armes ou de drogues diverses. Et de plus en plus, les prisons échappent au contrôle des autorités pénitentiaires. La mutinerie a également révélé la parfaite organisation des bandes qui imposent leur loi à l'intérieur des prisons comme le Primeiro Comando da Capital (PCC) qui ont la haute main sur les trafics et le racket dans la majorité des établissements.
Si l'on ajoute à cela la surpopulation, on peut facilement imaginer que les énormes pénitenciers de Sao Paulo sont de véritables barils de poudre que la moindre étincelle peut faire exploser. La surpopulation carcérale – 2,5 prisonniers occupent, en moyenne, l'espace d'un seul, selon des statistiques officielles – reste la cause principale des mutineries au Brésil, environ une toutes les 36 heures. Le manque de personnel de surveillance qualifié et la lenteur des procédures judiciaires – une bonne partie des prisonniers sont en fait des prévenus en attente de jugement – ne font qu'aggraver la situation.
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