© INTERNECliquez ici pour lire le rapport de l’OICS (html et PDF)
Tous les ans,
l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), institution dépendante de l'ONU qui veille à l'application des traités internationaux en matière de drogues, publie un rapport sur la question. Ses conclusions pour cette année viennent d’être rendues publiques. Elles montrent une évolution dans les modes de consommation, dans les types de substances les plus couramment utilisées, et font état de quelques progrès dans la lutte contre la production de drogues ; mais elles révèlent aussi des mutations dans le trafic, dans lequel le Web, par exemple, tient une place croissante.Au palmarès des drogues, le cannabis reste en tête
En Europe, ce sont les drogues synthétiques et la cocaïne qui connaissent actuellement la plus forte augmentation. Le trafic de cannabis, toujours en tête, semble stagner ; dans bien des pays, la consommation de stimulants de type amphétamine se situe désormais au deuxième rang. Des substances qui sont largement produites en Europe même, mais aussi dans les pays d'Europe de l'Est, en Russie, dans d'autres états membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et les pays Baltes. Aux Etats-Unis et au Canada, par contre, les jeunes Américains se tournent de plus en plus vers les drogues "douces", telles le cannabis ou l'ecstasy, au détriment de l'héroïne et de la cocaïne. L’OICS souligne que "les mesures prises pour sensibiliser l'opinion publique aux effets nocifs de l'abus des drogues ont contribué à ce recul" des drogues "dures". L'Amérique latine continue d'être une importante source de production de drogues, exportant de plus en plus en Europe et en Amérique du Nord. Néanmoins, les experts de l'ONU ont salué le "Plan Colombia" contre la fabrication et le trafic illicites de drogues, soutenu financièrement par le gouvernement des Etats-Unis.
Le cannabis stagne en Europe,
mais progresse en Amérique
En ce qui concerne les principaux pays producteurs en Asie, l’OICS constate des signes de progrès dans la lutte contre la drogue en Afghanistan et Birmanie. L'adoption en juillet 2000 par les taliban, milice islamiste au pouvoir à Kaboul, d'un décret interdisant la culture du pavot à opium, est jugé par l'Organe de l'ONU comme "un fait encourageant". L'OICS se félicite également que "la production illicite d'opium a diminué ces dernières années" en Birmanie, pays qui continue d'être la "deuxième source d'héroïne et d'opium".
Le trafic explose sur le Web
Au titre des évolutions les plus inquiétantes, l’OICS constate cependant une diversification dans la consommation de drogues. Diversification des consommateurs : ainsi en Afrique, les femmes et les enfants ont de plus en plus recours à des drogues et cette tendance est encouragée par la guerre, la pauvreté et la criminalité. Diversification des substances consommées : ce fait concerne plutôt les Occidentaux, qui consomment en toute légalité trop de drogues pour régler leurs problèmes d'insomnie, d'anxiété, d'obésité ou leurs douleurs. L'OICS a ainsi "tiré la sonnette d'alarme" sur le recours aux substances psychoactives (barbituriques, amphétamines et benzodiazépines) qui "devient de plus en plus courant pour traiter les problèmes sociaux". En ayant massivement recours à ces produits, note l’OICS, "on privilégie des solutions qui ne sont que des expédients, tandis que les effets négatifs à long terme sont souvent négligés".
L’Organe des Nations unies chargé du contrôle des stupéfiants souligne également la progression du trafic de drogue sur le Net. "L'Internet est de plus en plus utilisé pour le trafic en ligne car il semble assurer un accès commode à des substances placées sous contrôle", note l'OICS, qui s’inquiète également "du fait que des pharmacies en ligne fournissent illégalement des médicaments vendus sur ordonnance, y compris des substances placées sous contrôle international, à une clientèle disséminée dans le monde entier".
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