© INTERNELes milieux politiques et médiatiques du monde arabe n'ont pas eu de mots assez durs pour qualifier Ariel Sharon. |
Dans le camp d'Aïn Heloué, au Liban sud, près de 500 réfugiés palestiniens ont scandé leur colère contre "le boucher", rassemblés autour d'une torche géante en scandant que "le sang des martyrs de l'Intifada fera tomber le boucher Sharon comme elle a fait chuter Ehud Barak". En Irak, Saddam Hussein, qui s'était dit prêt le mois dernier à bombarder Israël à l'artillerie lourde, six mois sans interruption, a annoncé mercredi la création immédiate d'une armée "d'Al-Qods Al-Charif pour la libération de la Palestine".
Le Hezbollah chiite libanais a prévenu que l'Intifada allait "s'intensifier" dans les territoires palestiniens et qu'il y aurait sous peu "de plus en plus d'opérations, d'attaques-suicides et de Jihad". "Nous pensons que la crise restera confinée à l'intérieur, a toutefois nuancé le vice-président du bureau politique du Hezbollah, en raison des pressions internationales et aussi parce qu'Ariel Sharon sait que nous avons la capacité de porter des coups douloureux en profondeur à l'intérieur du territoire israélien".
La presse arabe conspue le vainqueur
Les éditorialistes libanais, égyptiens, jordaniens ou syriens ne sont pas en reste d'imprécations guerrières contre l'Etat hébreu. "L'ogre" Sharon a été porté au pouvoir par des Israéliens qui "ont une nouvelle fois dit oui à la guerre", s'exclame le journal pro-syrien de Beyrouth As-Safir, alors que le quotidien gouvernemental cairote Al-Akhbar voit dans la victoire d'Ariel
Al-Akhbar voit dans la victoire d'Ariel Sharon "les tendances sanguinaires du peuple israélien" et une véritable "déclaration de guerre". |
A Damas, le quotidien du parti Baas, au pouvoir en Syrie, voit dans le triomphe du Likoud "un message clair de l'entité sioniste aux Arabes, qui revêt l'allure d'une déclaration officielle de guerre". Israël aurait ainsi "opté pour l'escalade du terrorisme et placé l'avenir de la paix dans le monde, et pas seulement au Proche-Orient, à la merci d'un général obsédé par la guerre". Même le modéré de Beyrouth An-Nahar affirme qu'Israël, en plébiscitant Sharon, "a retrouvé son traditionnel rôle de fauteur de troubles" au Proche-Orient.
Les Palestiniens entre colère et mesure
Même si, dans le camp palestinien, le négociateur Nabil Chaath a mis en garde le Premier ministre israélien contre "une confrontation sanglante" s'il mettait "un terme aux accords" existants, les dirigeants réunis autour de Yasser Arafat se sont réunis mercredi soir afin "d'examiner les développement politiques à la lumières des résultats de l'élection israélienne". Le quotidien Al-Qods, proche d'Arafat, n'en estime pas moins, par anticipation, que la victoire de Sharon était "porteuse de sombres perspectives pour la paix dans la région et pour les relations israélo-palestiniennes".
Ironie du sort, une très large majorité d'Israéliens se sont déclarés "pour la paix" à la veille d'élire Ariel Sharon au poste de Premier ministre, comme si ce n'était pas la haine, mais l'incompréhension qui était à son comble.
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