© INTERNELa carte maître serait ce gentleman farmer bonhomme et rassurant qui connaît le sens des mots unité, paix et sécurité. |
Une nouvelle attitude, un programme flou
On connaît mal son programme, bien que les grands aspects de son attitude vis-à-vis des Arabes sont désormais notoires (Cf. notre article "L'avenir de la paix selon Ariel Sharon"). Volontairement elliptique, Ariel Sharon table essentiellement sur son expérience militaire, puis ministérielle, pour asseoir le sentiment de sécurité qu'il inspire. "Je connais bien les Arabes, aime-t-il à répéter, et ils me connaissent bien". Pugnace, volontiers rouleur de mécaniques, il s'est fait le champion du Grand Israël et de "l'unité de Jérusalem", sur laquelle il dénie tous droits aux Palestiniens.
Il reste que sa réputation de chef militaire farouche et cynique, après lui avoir porté chance, est devenu un handicap, après qu'il eut lancé, contre l'avis des politiques, la désastreuse campagne de Tsahal au Liban, en 1982. Des milices chrétiennes commettront alors, avec sa bénédiction, les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, ce qui obligera ce général en retraite devenu ministre de la Défense à quitter le gouvernement. Même une commission d'enquête officielle israélienne conclura à sa "responsabilité indirecte" dans ce lamentable épisode de l'histoire militaire. Et l'officier parachutiste Sharon, ancien chef de l'unité de commando 101, adepte des exécutions arbitraires et des opérations punitives, a alors attendu que l'heure arrive pour son retour.
Les Palestiniens, qu'est-ce que c'est ?
Ariel Sharon, qui traitait encore récemment Yasser Arafat de "menteur" et d'"assassin", a toujours considéré que la patrie des Palestiniens est la Jordanie, même s'il s'est fait peu à peu à l'idée qu'un Etat puisse leur être confié sur moins de la moitié de la Cisjordanie, et sans accès aux ressources en eau. Fervent défenseur du maintien des colonies de peuplement juives, il n'en a pas moins fait évacuer manu militari les implantations du Sinaï après la signature d'un accord de paix avec l'Egypte, en 1982. De même a-t-il joué un rôle actif, en 1998, lors de l'évacuation d'Hébron, alors qu'il était le ministre des Affaires étrangères de "Bibi" Nétanyahou.
Le brillant général avait réussi à percer les lignes de l'armée de Sadate. |
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