© INTERNEMille pages pour un scénario catastrophe. Lundi, un groupe de scientifiques diligenté par l'Onu a présenté à Genève un rapport sur le réchauffement de la Terre provoqué par les émissions de gaz à effet de serre.
Un rapport en forme de mise en garde à l'échelle planétaire. Intitulé "Changement climatique 2001 : impacts, adaptation et vulnérabilité", cette étude menée par plusieurs centaines de scientifiques mondiaux explique que faute de mesures volontaristes pour enrayer ce réchauffement, notre planète s'expose dans les décennies à venir à des … inondations, famines, épidémies et autres catastrophes "naturelles".
Des prévisions alarmistes mais réalistes
Ces prévisions alarmistes - "mais réalistes", selon Pierre Soler, directeur du Laboratoire d'océanographie dynamique et de climatologie de l'université parisienne de Jussieu, joint par tf1.fr - considèrent que "les changements climatiques dans les régions polaires devraient être parmi les plus importants enregistrés sur la Terre". Exemple : les experts prédisent une fonte des glaciers et de la calotte polaire, la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, la désertification de terres cultivables ou l'engloutissement sous les eaux de plusieurs îles du Pacifique et des Caraïbes.
Et à qui la faute ? A l'homme, bien sûr. "Une part du réchauffement est liée à une évolution normale des cycles naturels, note Pierre Soler, mais la plus grande partie incombe aux activités de l'homme". Utilisation trop intensive de carburants, pollution industrielle et déforestation organisée, la liste est longue des méfaits de la main humaine sur la nature.
Selon les scientifiques, "la majeure partie de la population mondiale sera du côté des perdants". Mais les Etats les plus déshérités de la planète devraient être également les plus touchés puisque les moins bien armés pour résister, creusant un peu plus encore le fossé Nord-Sud.
"Les gouvernements, comme celui des
Le rapport prévoit une forte hausse de la fréquence des "événements extrêmes" au 21e siècle. Résultat : des périodes de pluie intenses – augmentant les risques d'inondations, de glissements de terrain ou d'avalanches – alterneront avec des vagues de chaleur engendrant sécheresses et mortalités liées à des pénuries d'eau. Le thermomètre augmentera d'1,4° à 5,8° supplémentaires et le niveau de la mer montera de 3 m en un siècle.
Etats-Unis, doivent prendre au sérieux la réduction
des émissions de gaz carbonique et prévenir
des risques dramatiques pour l'avenir de tous
les continents".
Le fonds mondial
pour la nature.
Certains changements sont d'ores et déjà irréversibles, comme le recul des glaciers, la floraison plus précoce de certains arbres ou la modification du comportement de certaines espèces animales.
En septembre prochain, le groupe de scientifiques assemblera toutes ses conclusions dans un document destiné aux différents gouvernements de la planète. Un seul but : les inciter à l'action, après l'échec de la conférence de La Haye, en novembre 2000, et un accord en vue de réduire les émissions de gaz toxiques dues à l'"effet de serre".
Commentant ce rapport, le Fonds mondial pour la nature estime que ses conclusions montrent qu' "il est temps que les gouvernements, comme celui des Etats-Unis, prennent au sérieux la réduction des émissions de gaz carbonique afin de prévenir des risques dramatiques pour l'avenir de tous les continents". Bienvenue dans le troisième millénaire.
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