Les travaillistes disent oui à Sharon

Par Léonard VINCENT , le 26 février 2001 à 11h23 , mis à jour le 26 février 2001 à 11h41

Le Comité central du parti travailliste a accepté, lundi soir, le principe d'une participation de ministres de gauche au gouvernement d'Ariel Sharon. Une décision qui devrait influer fortement sur l'attitude de l'Etat hébreu vis-à-vis des Palestiniens.

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Il aura fallu cinq heures d’une réunion houleuse ; mais finalement, les partisans de l'union nationale menés par l'ancien Premier ministre Shimon Peres l'ont emporté. Lundi soir, par deux tiers des voix exprimées, le Comité central du parti travailliste israélien a voté en faveur de la participation à un gouvernement d'union nationale dirigé par le Premier ministre Ariel Sharon. Le Comité central a également décidé de se réunir jeudi pour désigner, par vote, les huit ministres qui représenteront le parti au sein du gouvernement d'union nationale. Les Travaillistes doivent obtenir notamment les ministères de la Défense, des Affaires étrangères, du Commerce et l'Industrie, des Transports et de l'Agriculture.

Les ministres travaillistes auront une faible marge de manoeuvre

"Je ne servirai pas
de feuille de vigne
à Sharon (...)
Nous sommes cinq
millions de juifs
et ne pouvons pas
vivre tout le temps
à la force de l'épée".
(Shimon Peres)

Dans un gouvernement de droite, tenir Tsahal et la diplomatie semble être, pour certains travaillistes, le gage d'une réelle marge d'action. Deux ministères-clés que tous les travaillistes ne sont toutefois pas certains de pouvoir réellement diriger, Ariel Sharon ayant fait clairement comprendre que les offres du Likoud n'équivalaient pas à une carte blanche. Et que le chef de gouvernement qu'il est ne se laisserait pas dicter sa politique par des ministres de gauche. Ce qui peut expliquer les réticences exprimées jusqu'au dernier moment par le chef du groupe parlementaire travailliste à la Knesset, Ophir Pinès Paz, qui s'était dit opposé à un cabinet d'union nationale, estimant que "la majorité de l'opinion israélienne" ne voulait pas de ministres du bloc d'extrême-droite Union national-Israël Beiteinou. Shimon Peres lui-même avait fait part de ses hésitations. "Je ne servirai pas de feuille de vigne à Sharon, avait-il prévenu, pressenti aux Affaires étrangères, car je sais qu'il rencontrera Yasser Arafat. Nous sommes cinq millions de juifs et ne pouvons pas vivre tout le temps à la force de l'épée. Il faut essayer de changer la situation". Des atermoiements qui n'auront finalement pas empêché les travaillistes, déchirés, d'accepter la main tendue de Sharon...

Inquiétude majeure

"En tant que Premier ministre, je conduirai les négociations avec l'Autorité palestinienne après une cessation des hostilités".
Ariel Sharon

Le processus de paix reste toutefois la grande inquiétude de la communauté internationale, alors qu'en Israël, la question est plutôt vue comme la question de la "sécurité", l'Autorité palestinienne étant considérée comme la complice objective de la campagne de terreur et d'affrontements. Après la visite du nouveau Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, Ariel Sharon n'a, de son côté, fait qu'une concession, restreinte il est vrai. Il a posé trois conditions à la levée du bouclage des territoires palestiniens — engagement verbal à condamner la violence, engagement politique à la faire cesser, collaboration efficace avec Israël pour rétablir la sécurité. "En tant que Premier ministre, a-t-il ajouté, je conduirai les négociations avec l'Autorité palestinienne après une cessation des hostilités".

Par Léonard VINCENT le 26 février 2001 à 11:23
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