© INTERNELes journalistes sont empêchés de se rendre sur place et les villageois des alentours ont été soigneusement tenus à l'écart par les miliciens islamistes. |
Mohamed Ashraf Nadeem, un porte-parole du commandant Ahmed Shah Massoud qui se trouve à Dara-i-Souf, à 150 kilomètres au nord-ouest de Bamiyan, a toutefois déclaré que les les deux bouddhas géants de Bamiyan ont bien été "réduits en morceaux et sont complètement détruits" en citant "un témoin oculaire" venant de Bamiyan qui aurait assisté jeudi soir à leur dynamitage.
Un précédent circonscrit par le dialogue
En 1998, c'est la Société pour la préservation de l'héritage culturel afghan (SPACH), représentée par un membre de son conseil exécutif, également chargé des affaires afghanes au Quai d'Orsay, qui avait réussi à stopper les tirs de roquettes. Nul ne connaît aujourd'hui les contreparties promises par Jean-Yves Berthault aux mollahs taliban. Toujours est-il qu'en décembre 2000, lorsque le Conseil de sécurité de l'Onu a mis aux voix la résolution 1333, sanctionnant durement le régime taliban, la France a présenté trois amendements assouplissant le texte. Pour des raisons strictement humanitaires et pragmatiques, assurait alors la diplomatie française, sans doute soucieuse de ne pas enfermer les taliban dans leurs ténèbres.
C'est en ce sens que l'envoyé spécial de l'Unesco, Pierre Lafrance, président du conseil exécutif du SPACH et ancien ambassadeur de France au Pakistan, se démène, entre Islamabad et Kandahar, pour faire fléchir les ministres du mystérieux mollah Omar. Ayant rencontré l'ambassadeur taliban au Pakistan, il avait fait part d'une "petite lueur d'espoir". Le dignitaire afghan basé sur le territoire du "protecteur" pakistanais lui avait alors affirmé que le vandalisme à grande échelle sur les bouddhas de Bamiyan n'avait pas encore commencé. Il reste que pour l'heure, rien n'a définitivement fait plier les taliban. Jeudi, le ministre des Affaires étrangères taliban, Wakil Ahmed Mutawakel, a réaffirmé que le décret du chef suprême était "irréversible" et qu'il "serait appliqué", malgré les protestations des grands pays du monde et les pressions inefficaces des organisations internationales.
Des doutes sur la motivation idéologique du mollah
La campagne de destruction de l'art pré-islamique servirait de couverture à un trafic lucratif du patrimoine culturel afghan. |
Ce pays, plongé dans l'obscurité du régime taliban, fait une fois de plus la démonstration qu'au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
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