© INTERNEEn 1995, en reprenant les essais nucléaires, Jacques Chirac s’était heurté au monde entier. Cela ne l’avait pas empêché de faire exploser plusieurs bombes en Polynésie. George W. Bush, en refusant de ratifier le protocole de Kyoto, approuvé en 1997 par Bill Clinton, se retrouve aujourd’hui dans la même situation. Dans l’air depuis plusieurs semaines, et annoncée officiellement mercredi, la décision du président américain de ne pas participer à la réduction de l’effet de serre a en effet déclenché un véritable tollé. " Inacceptable " pour Jacques Chirac, "extrêmement grave" pour le gouvernement britannique, " préoccupant " pour le Japon, " irresponsable " pour la Chine : quasiment tous les exécutifs désapprouvent fermement.
Pour l’instant, Bush ne semble pas décidé à céder sous la pression : il n’est pas question pour son gouvernement de prendre des mesures qui pourraient "nuire à l'économie" américaine. "Les Américains ne pourront pas chauffer ou climatiser leurs foyers", lance le président, sûrement inquiet des coupures de courant à répétition dont a été victime la Californie cet hiver. Il s'est cependant dit prêt "à travailler avec les alliés de Washington pour réduire les gaz à effet de serre".
" Licence pour polluer "
L'idée du président républicain, énoncée dès son programme électoral, est et reste que son pays doit "supporter la recherche continue sur les causes et les conséquences du réchauffement global et le développement des nouvelles technologies, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre." Depuis la rédaction de son programme électoral, George W. Bush est opposé au protocole de Kyoto, jugé "inefficace, inadapté et injuste envers l'Amérique. Il exempte 80% des pays du monde, y compris des zones à fort peuplement comme la Chine ou l'Inde."
Toutefois, l'engagement avait été pris, de manière très électoraliste, par Bush et son équipe d'agir activement pour que les Etats-Unis appliquent sans restriction toutes les "lois de protection de l'environnement", jurant de mettre fin "au double langage de l'Etat fédéral, qui dans le même temps renforce la législation sur les atteintes à l'environnement et se retrouve être le principal pollueur, violant ces mêmes lois". Question d'interprétation ? Dans cet apparent renoncement à ses promesses électorales, beaucoup, comme Hillary Clinton, ont vu une "licence pour polluer", un abandon des engagements internationaux américains, selon un responsable du Conseil de défense des ressources naturelles, par un président "mené par le bout du nez par l'industrie du charbon ".
(Lire également "Les défenseurs de l'environnement se mobilisent contre Bush").Mission européenne
Quelle position va désormais pouvoir adopter la communauté internationale ? Sa marge de manœuvre est plutôt faible. On la voit mal engager des représailles économiques face à la première puissance mondiale. Reste la solution diplomatique. Une rencontre devrait avoir lieu la semaine prochaine à Washington entre une mission européenne et la nouvelle administration américaine.
Auparavant, les ministres européens de l’Environnement, réunis ce week-end en Suède, vont tenter de dégager une première esquisse de réplique. Dans un premier temps, l'UE souhaite convaincre les Etats-Unis de se rendre comme prévu à la reprise des négociations sur la mise en oeuvre du protocole, prévues fin juillet à Bonn. Mais elle va également commencer à envisager des scénarios alternatifs s'il se confirme que le retrait américain est définitif.
Retour MYTF1

Chargement en cours...




