Gao Zhan, sociologue à l'Americain University de Washington, est accusée "d'activités menaçant la sécurité de l'Etat". |
Le 11 février dernier, à l'aéroport de
Pékin, Xue Donghua, son épouse
Gao Zhan et leur fils de 5 ans Andrew ont été arrêté par la police chinoise, alors qu'ils s'apprêtaient à regagner leur domicile de Washington DC. Ce n'est que le 8 mars, après 26 jours de détention séparée, qu'Andrew et son père ont été libérés et ont pu s'envoler pour la capitale des Etats-Unis, leur lieu de résidence et de travail habituel.
On apprenait vendredi qu'un deuxième universitaire américain de 45 ans d'origine chinoise, Li Shaomin, professeur à l'université City de Hong-Kong, avait été mis sous les verrous à Shenzehn le 25 février, sans que l'on connaisse encore le mobile de son arrestation. Ce nouveau dossier vient un peu plus empoisonner les relations sino-américaines, alors que l'administration Bush s'apprête à déposer une motion dénonçant la Chine devant la Commission des droits de l'Homme de l'Onu.
L'affaire Gao Zhan liée au dossier Taïwan ?
Durant tout le mois de mars, l'affaire Gao Zhan avait déjà singulièrement glacé les rapports entre Pékin et Washington. Les conditions de détention de l'enfant Andrew Xue — qui possède la nationalité américaine, alors que ses parents devaient l'obtenir prochainement — avaient révolté bon nombre de défenseurs des droits de l'Homme, jusqu'au gouvernement fédéral. Son passeport avait été confisqué. Il avait été séparé de ses parents durant près d'un mois — "dans un jardin d'enfants", selon Pékin. Malgré ses pleurs quotidiens, malgré le fait qu'il réclamait sa mère, les demandes de réunion de la famille avaient été rejetées. Le jour de la libération de l'enfant et de son père, les policiers auraient exigé de M. Xue qu'il signe un texte, dans lequel il promettait de garder le silence sur la détention de sa famille, les forces de l'ordre chinoise menaçant de s'en prendre à sa femme.
"Ses écrits sont purement académiques, a protesté son mari Xue Donghua. Cela n'a rien à voir avec de la subversion." |
Dans sa prison de Pékin, Mme Gao Zhan aurait avoué ses activités d'espionnage, affirme la Chine. "Il est prouvé que Gao Zhan a reçu des commissions de la part d'agences de renseignements étrangères, ainsi que des fonds pour mener des activités d'espionnage en Chine métropolitaine, a ainsi déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Elle est passée aux aveux." "Ses écrits sont purement académiques, a protesté son mari Xue Donghua. Cela n'a rien à voir avec de la subversion." Précision sans doute utile pour décrypter l'acharnement de Pékin : Mme Gao a notamment étudié le rôle des femmes taïwanaises dans le processus démocratique.