© INTERNE"Je ne veux pas recommencer à me battre." |
UNE STRUCTURE COMPLEXE Les accords de Dayton (1995) ont créé un pays composé de deux entités, la Républika Srpska (capitale : Banja Luka) et la Fédération croato-musulmane (capitale : Sarajevo). Chacune de ces deux entités dispose de son président, de son Premier ministre, de son gouvernement et de son Parlement. Les nationalistes croates, majoritaires dans leur communauté, protestent contre le fait que leurs représentants sont aussi élus par des musulmans. Il existe en outre des institutions centrales coiffant les deux entités, dont le siège est à Sarajevo, capitale du pays. Ces institutions comportent une présidence collégiale, un Premier ministre et un gouvernement, un parlement bicaméral. Dans un souci d'équilibre, la présidence centrale compte trois membres, un Musulman, un Croate et un Serbe, élus pour quatre ans et se relayant à la tête de la présidence. |
Fils de Dieu
Le puissant évêque du fief nationaliste de Mostar, Ratko Peric, a même franchi un pas supplémentaire le 19 mars dernier, à l'occasion de l'autoproclamation de l'autonomie de la communauté croate en Bosnie. "Nous voulons être d'obéissants fils de Dieu et nous obéirons toujours à ses lois éternelles, a-t-il lancé en ouverture d'une cérémonie condamnée par le Conseil de sécurité, et nous obéirons aux dirigeants de ce monde si leurs lois ne contredisent pas les lois de Dieu." Le discours sécessionniste, comme la nomenklatura politique, s'appuient désormais ouvertement sur l'autorité ecclésiastique.
Wolfgang Petritsch avait purement et simplement limogé le membre croate de la présidence collégiale. |
Sécession impossible
En visite à Mostar, l'ambassadeur américain à Sarajevo Thomas Miller, a récemment voulu calmer les ardeurs communautaristes des Croates, en estimant qu'ils avaient "un motif réel" de se plaindre. Il a demandé aux nouvelles autorités politiques de Bosnie de prendre en compte leurs revendications. Un historien croate résumait il y a deux semaines la situation avec une certaine lucidité. Tout en estimant impossible à mettre en œuvre une autonomie croate en Bosnie, il concluait : "Mais on a vu beaucoup de choses considérées comme impossible se produire ces dix dernières années."
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