Hollywood on strike ?

Par Bastien BONNEFOUS , le 06 mars 2001 à 12h29 , mis à jour le 06 mars 2001 à 12h48

Une immense grève pourrait paralyser la cité du cinéma à partir du 30 juin. Scénaristes et acteurs réclament une hausse de leurs royalties. Une revendication jusqu'à présent rejetée par les studios.

hollywood © INTERNE

Si rien n'évolue d'ici le 30 juin, c'est la grève. A Hollywood, cité du cinéma. 11 000 scénaristes et 100 000 acteurs, dont des stars. Inimaginable. Le 30 juin, expire la convention collective des studios avec les acteurs, celle avec les scénaristes devant être renouvelée le 1er mai dernier carat.

L'économie
de la Babylone
du cinéma
pourrait perdre
deux milliards
de dollars
par mois
de grève

Problème, jeudi dernier, les négociations entre les studios (Alliance of motion pictures and television producers) et les scénaristes (Writers guild of America) se sont soldées par un échec brutal après six semaines de discussions secrètes. Une rupture qui n'augure rien de bon pour la négociation suivante, en avril, entre les studios et le tout puissant SAG (Screen actors of America), le syndicat auquel tout acteur doit adhérer outre-Atlantique s'il veut jouer dans un film américain.

Les studios n'ont pu accepter à ce jour les revendications "irréalistes", selon eux, des scénaristes. Ceux-ci réclament des royalties supplémentaires sur l'exploitation des films en vidéo, DVD, sur les diffusions télévisées et l'Internet – points sur lesquels ils sont rejoints par les acteurs -, ainsi qu'une meilleure reconnaissance de leurs droits artistiques. Ils demandent que la mention "a film by", littéralement "un film de", ne soit plus l'apanage des réalisateurs, mais qu'ils puissent aussi en profiter en tant qu'auteurs du film.

Si la grève est décidée pour cet été, personne n'imagine vraiment l'ampleur de ses effets sur l'industrie hollywoodienne. On estime toutefois que l'économie de la Babylone du cinéma pourrait perdre 2 milliards de dollars par mois de grève. La précédente grève de 1988 avait duré 22 semaines et coûté dans les 500 millions de dollars. Mais les retombées risquent d'être également importantes au théâtre, à la télévision, dans les parcs d'attractions, les magasins de jouets et l'industrie des jeux vidéos.

Des scénarios 
et refusés
depuis des mois
sont achetés
à prix d'or
pour anticiper
une possible pénurie 

Les stars de cinéma, soucieuses de leur image, ne veulent pas passer pour des "traîtres" dans ce conflit. Elles soutiennent donc les revendications des scénaristes et contribuent parfois financièrement à la lutte. Ainsi, Nicolas Cage et Richard Dreyfuss ont donné 200 000 dollars au fonds de soutien des grévistes tandis qu'Harrison Ford, Helen Hunt et Kevin Spacey ont versé chacun 100 000 dollars.

Certaines envisagent sérieusement de jouer cet été dans des pièces de théâtre ou de partir à l'étranger. D'autres bouclent très vite leur tournage avant la date du 30 juin. C'est le cas par exemple de Jodie Foster, qui a préféré au dernier moment remplacer Nicole Kidman dans un film plutôt que de présider le festival de Cannes, seule chance pour elle de tourner avant le début de la grève. Les vedettes moins importantes et les acteurs ou scénaristes de second plan, eux, ont davantage de soucis à se faire.

Quant aux studios, s'ils ne cachent pas leurs inquiétudes, il semble qu'ils aient préparé quelques solutions de remplacement. Actuellement, on assiste par exemple à des situations cocasses où des scénarios jugés nuls et refusés depuis des mois sont achetés à prix d'or pour anticiper une possible pénurie de longs-métrages. Préparons-nous donc à une déferlante massive de gros navets américains dans les salles françaises en 2002.

Par Bastien BONNEFOUS le 06 mars 2001 à 12:29
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