La junte pakistanaise organise une razzia dans l'opposition

Par Léonard VINCENT , le 22 mars 2001 à 16h54 , mis à jour le 21 mars 2001 à 17h14

Plusieurs milliers d'opposants démocrates à la junte militaire pakistanaise ont été arrêtés cette semaine, alors que vendredi est prévue une manifestation pacifique réclamant le retour de la démocratie. Le régime s'efforce d'atténuer les critiques, malgré les pressions du Commonwealth.

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Le régime militaire du général putschiste Pervez Musharraf aurait ordonné une vaste rafle dans les milieux politiques civils.

Plus de deux mille militants, ancien ministres et anciens députés, responsables de la coalition de 18 partis de l'opposition nommée Alliance pour la restauration de la démocratie, ont été arrêtés par la police du Pakistan dans tout l'Etat du Pendjab. Le régime militaire du général putschiste Pervez Musharraf aurait ordonné une vaste rafle dans les milieux politiques civils, alors qu'une manifestation réclamant le retour à la démocratie est prévue vendredi à Lahore. Le chiffre de 2.000 arrestations a été donné par des dirigeants de l'opposition. D'ores et déjà, le centre-ville de la capitale a été bouclé, selon des habitants, en prévision d'une probable interdiction, deux ans après le coup d'Etat "vertueux" qui a renversé le Premier ministre Nawaz Sharif pour lutter contre la corruption dans les rouages du pays.

L'ancien maire de Lahore ferait partie de la liste des raflés, ainsi que la plupart des responsables locaux du PPP, le Chapitre du Pendjab du Parti du peuple du Pakistan de l'ancien chef de l'Etat Benazir Bhutto. Un porte-parole de la police a toutefois affirmé que les révélations de l'opposition étaient "hautement exagérées" et que 113 personnes seulement étaient actuellement en garde à vue. Les autres auraient été libérées mardi et il n'y aurait "plus de descentes de police qui se déroulent actuellement." Entre les déclarations et les démentis des autres, nul ne pouvait dire mercredi quel était le chiffre exact, sans jamais contester le fait qu'une vaste opération policière avait eu lieu.

Toute réunion politique publique est interdite, toute activité parlementaire est suspendue, la Constitution n'est plus en vigueur.

Suspendu du conseil du Commonwealth après le putsch d'octobre 1999, le Pakistan du général Musharraf ne parvient pas à effectuer une transition démocratique, malgré les pressions de la communauté internationale. Toute réunion politique publique est interdite, toute activité parlementaire est suspendue, la Constitution n'est plus en vigueur. Parallèlement, une vigoureuse action policière et judiciaire a été menée contre la corruption endémique de la classe politique et de l'administration. Mais les visées belliqueuses de la junte militaire contre l'Inde voisine, de même que le soutien financier, politique et militaire aux taliban afghans qui assure au Pakistan une profondeur stratégique indispensable dans le conflit du Cachemire, montrent que les intentions du pouvoir ne sont pas aussi vertueuses qu'il l'affirme.

Par Léonard VINCENT le 22 mars 2001 à 16:54
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