© INTERNE"Ce n'est pas un cessez-le-feu, ça, je n'y crois pas du tout".
Mustafa, jeune maquisard de l'UCPMB, ne croit pas au cessez-le-feu. Depuis sa tranchée de la position de Sveti Ilija, dans les hauteurs du sud de la Serbie où opère depuis plus d'un an l'Armée de libération de Presevo-Medveja-Bujanovac, il scrutait mardi, avec ses amis combattants, les forces serbes, à quelques centaines de mètres. "Nous les avons observées en train de creuser des tranchées, assure-t-il. Ce n'est pas un cessez-le-feu, ça, je n'y crois pas du tout". La trêve convenue entre Belgrade et les rebelles albanais, sous l'égide de l'Otan, est entrée en vigueur lundi à minuit. "S'ils tentent quelque chose, on est prêts, explique de son côté le soldat Gazi. Mais tant que le commandement nous donne l'ordre de ne pas tirer, on obéit".
Un maquisard de l'UCPMB
GUERILLA EN MACEDOINE Village par village, alors que les paysans ont déserté leurs maisons, la vallée de Lipkovo, côté macédonien, retombe peu à peu sous contrôle des forces gouvernementales. Mercredi matin, Malino Malo, quartier-général de l'UCK-M situé sur la frontière avec la Serbie, était encore le théâtre de combats. Un porte-parole du ministère de l'Intérieur indiquait mardi soir que l'opération de sa police se poursuivait vers Brest où sont retranchés "des terroristes qui ont miné l'accès", lesquels "ouvrent le feu" depuis leur nouvelle "place forte". De peur d'être assimilés à la guérilla, près de 25.000 jeunes ont toutefois défilé mardi dans les rues de la capitale, réclamant un meilleur statut pour les Albanais de Macédoine, sous des pancartes disant : "Nous ne sommes pas des terroristes" ou "Paix et justice". |
Dans les villages à majorité albanaise du sud de la Serbie, la crainte était à son comble, à la veille du retour des Serbes, près de deux ans après la guerre du Kosovo. "Nous insistons pour que le déploiement se fasse avec mesure et progressivement", a demandé mardi le maire de Presevo, Riza Halimi, principal interlocuteur pour les négociations. L'opération de déploiement préventif "doit se dérouler en consultation avec la population, a-t-il expliqué, car déjà aujourd'hui, il y avait de la nervosité dans l'air". Pour s'efforcer de tempérer l'appréhension des civils albanais de la région, le vice-Premier ministre serbe Nebojsa Covic, chargé par le président Kostunica du dossier de la vallée de Presevo, s'est rendu dans le village voisin de Norac. "Il y a eu des violences du temps de Slobodan Milosevic, a-t-il assuré aux habitants albanais, mais il faut changer les choses, n'ayez pas peur, je sais que vous n'avez pas confiance en nos forces, la confiance ne peut se reconstruire en une nuit, mais avec de la patience on y arrivera".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




