Sharon prend le pouvoir

Par Ludovic BLECHER , le 07 mars 2001 à 16h18 , mis à jour le 06 mars 2001 à 16h35

Le nouveau Premier ministre israélien doit présenter aujourd'hui son gouvernement d'union nationale. Si le leader du Likoud a pris ses distances avec une partie de l'extrême droite, il a réussi à rallier l'aile dure des travaillistes.

La paix selon Sharon © INTERNE

Ariel Sharon a bouclé ses ultimes tractations. D'ici la fin de la journée, l'exécutif israélien devrait présenter un nouveau visage si, comme prévu, le nouveau Premier ministre dévoile les noms de ceux qui composeront son gouvernement d'union nationale. Assuré d'une majorité à la Knesset, Sharon doit faire entériner son gouvernement alors que le pays est en état d'alerte après l'attentat de dimanche - le quatrième depuis son élection le 6 février - qui a coûté la vie à trois Israéliens.

Hier, le Likoud a signé officiellement des accords de coalition incluant les grandes lignes du gouvernement avec au moins quatre formations. Ariel Sharon est désormais assuré de la participation du parti travailliste ( 23 élus sur 120), du parti ultra-orthodoxe sépharade Shass (17 élus), du parti d'extrême droite Israël Beitenou (4 élus) et du parti russophone Israël Be Aliya (4 élus) auxquels s'ajoutent les 19 députés du Likoud. Outre ces 67 députés, le Likoud compte sur l'appui d'une vingtaine de députés de formations centristes, religieuses ou d'extrême droite, qui pourraient rallier le gouvernement.

La peur d'un attentat spectaculaire

Mais contrairement à la crainte de nombreux observateurs, Ariel Sharon a pris ses distances avec une partie de l'extrême droite pour former son gouvernement. Le chef du Parti national religieux Yitzhak Lévy a annoncé hier qu'il allait démissionner de la direction de son parti pour protester contre la mise à l'écart de sa formation : "Nous avons œuvré pour le triomphe de M. Sharon, mais il est clair qu'on ne veut pas de nous dans ce gouvernement, et nous n'en ferons donc pas partie", avait-il regretté lundi après une série de tractations avortées avec le Likoud. Plus prévisible, une partie de la gauche s'est écartée d'elle même de la nouvelle formation. L'ex-chef de la diplomatie David Lévy symbolise cette "défection" après son refus de faire partie du gouvernement Sharon en tant que ministre sans portefeuille.

Ces problèmes ne gâchent pas pour autant le triomphe politique d'Ariel Sharon qui a réussi à convaincre les travaillistes d'entrer dans son gouvernement d'union. Signe des temps, c'est l'un de leurs dirigeants les plus "faucons", le ministre sortant des Communications Benjamin Ben Eliezer, qui devrait hériter du portefeuille de la Défense. "L'objectif numéro un du nouveau gouvernement sera de rétablir la sécurité", a prévenu un porte-parole du Premier ministre élu.

Une exigence sécuritaire qui renforce le refus réaffirmé d'Ariel Sharon "d'engager toute négociation politique avec les Palestiniens avant un arrêt des violences". Dans ce contexte, la police israélienne a annoncé qu'elle allait maintenir l'état d'alerte maximal par crainte des attentats durant la fête de Pourim, le carnaval juif, qui s'achève le 12 mars. Aujourd'hui sera une journée test pour les services de sécurité qui redoutent une action spectaculaire marquant l'entrée en fonction du gouvernement Sharon.

Par Ludovic BLECHER le 07 mars 2001 à 16:18
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