© INTERNE"Le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne (…) Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit (…) ne peut être invoquée pour justifier la torture."
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Les nouvelles techniques de torture
Tout comme la guerre, la torture évolue et se modernise. Elle a sa technologie propre. On assiste ainsi actuellement à un développement des techniques de torture à l’électricité. Quasiment inexistants dans les années 70, ces types de matériels se sont multipliés au cours des années 80. Le nombre des entreprises en fabriquant ou en vendant est aujourd’hui supérieur à 150 dans le monde.
"Ceux qui torturent |
Officiellement, le commerce de la torture n’existe pas
S’appuyant sur le nombre d’entreprises existantes, sur la fréquence des cas de torture signalés et sur des exemples de matériels retrouvés, Amnesty International, dans un récent rapport, estime que ce marché est actuellement en pleine expansion. Pour les seuls Etats-Unis, entre 1997 et 2000, Amnesty International chiffre à plus de 13 millions de dollars les exportations de matériels regroupés sous la catégorie des "pistolets incapacitants, matraques électriques et appareils de visée optique" à destination de pays dans lesquels des cas de torture à l’électricité avaient été signalés - comme la Russie, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la Bulgarie, la Slovénie, ou la Croatie. A la suite de campagnes menées par diverses ONG contre ce type de commerce, les Etats-Unis ont amélioré leurs dispositifs de contrôle.
Mais dans beaucoup des Etats démocratiques signataires de la Convention internationale contre la torture, officiellement, le commerce de matériels de torture n’existe pas. C’est le cas notamment en France. "Le gros problème est donc qu’il n’existe pas de contrôle sur les mouvements de ces matériels", explique Bruno Barrillot. "La législation française n’oblige pas une entreprise exportatrice de ce type de ‘produits’ à en déclarer le destinataire final. Il est ainsi très facile de vendre de tels engins à des pays comme l’Egypte, le Liban, l’Arabie saoudite ou d’autres, sans qu’on puisse suivre leur trace. Il suffit de les exporter dans un premier temps vers des pays de l’Union européenne, d’où ils pourront être réexportés vers la destination voulue".
Mardi, suite de notre enquête : " Les matériels "
Mercredi : " Producteurs et revendeurs "
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(1)
Lire la Déclaration des Nations-Unies sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (9 décembre 1975) ; lire aussi la Convention internationale contre la torture(2)
L’Observatoire des transferts d’armement est un organisme créé en France en 1994. Il étudie les transferts d'armements (pays acquéreurs d'armes françaises, types de matériels vendus, montants des contrats), l'industrie d'armement (suivi de l'évolution du secteur industriel) et la politique de défense menée en France._________________________________________________________________
Liens utiles :
- Lire le rapport d’Amnesty International
"Stopping the torture trade"- Comité européen pour la prévention de la torture (CPT)
- Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT)
- World Organisation Against Torture
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