© INTERNEC’est un calme d’avant l’orage qui a précédé, lundi en Algérie, le discours du président Abdelaziz Bouteflika. Une intervention télévisée particulièrement attendue, alors que le pouvoir algérien se trouve dépassé par l'ampleur des émeutes en Kabylie, qui ont déjà fait quelque 80 morts, selon certains journaux, et qu'un parti kabyle membre de la coalition gouvernementale menace de la quitter. Depuis le 18 avril, jour où un habitant de Beni Douala âgé de 20 ans est mort dans une gendarmerie, les manifestations se succèdent dans cette région. Elles se sont rapidement transformées en émeutes puis en batailles rangées entre jeunes et forces de l’ordre. Les troubles ont gagné Alger, où les étudiants ont essayé de manifester au cours de la journée de lundi.
"Faire toute la lumière sur ce qui s'est passé en Kabylie"
![]() Plusieurs jours d'émeutes - DR |
Surtout, le président algérien a annoncé la création d'une commission d'enquête indépendante sur les émeutes qui secouent la Kabylie. "Composée de représentants de la société civile", cette commission "aura pour mission de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé, en toute liberté et en toute transparence". Sur un ton solennel, Abdelaziz Bouteflika a également lancé un appel au calme, soulignant que "les événements graves, et leurs conséquences dramatiques devraient nous inciter à nous éloigner des voies de la violence pour recourir à celle du dialogue et de la tolérance (…) Ces événements devraient nous amener à rechercher ensemble une solution satisfaisante à nos problèmes dont chacun doit reconnaître la complexité."
La stabilité gouvernementale directement menacée
![]() La carte des troubles |
Une situation qui pourrait vite tourner à la crise politique : le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), membre de la coalition gouvernementale et bien implanté en Kabylie, devant l'"inertie" et la "répression" des autorités, a lancé dimanche un avertissement. Il a menacé de retirer ses deux ministres du gouvernement et de retourner à l'opposition, comme son rival sur le terrain, le Front des Forces Socialistes (FFS) du vieil opposant résidant en Suisse, Hocine Aït Ahmed. Si le RCD mettait sa menace à exécution, le pouvoir perdrait ainsi son seul véritable soutien en Kabylie.
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