Couvre-feu à Cincinnati

Par Christophe ABRIC , le 13 avril 2001 à 10h10 , mis à jour le 13 avril 2001 à 10h40

Cincinnati, ville moyenne américaine, est sous couvre-feu tous les soirs depuis hier. Le maire a dû prendre cette décision pour juguler la violence, qui ne cesse de monter, depuis la mort d'un jeune noir, tué par un policier blanc.

Emeutes à Cincinnati - en joue © INTERNE

Charles Luken, maire de Cincinnati, était épuisé jeudi soir. Il a comparé sa ville à Beyrouth, avant de décréter le couvre-feu qui, espère-t-il, permettra de mettre fin aux violences. Des violences qui opposent les forces de l'ordre à la communauté noire de la ville (43% de la population), exaspérée par le meurtre de Timothy Thomas, jeune noir de 19 ans tué par un policier blanc dans une ruelle sombre, alors qu'il ne portait pas d'arme. Depuis trois jours, la vie de la ville est rythmée par des bruits de tirs ou d'explosions. Les vitrines des magasins sont brisées, les voitures renversées et incendiées, les fumigènes volent, les automobilistes blancs sont tirés de leur véhicules et pris à parti… 120 personnes ont été blessées, 70 interpellées, rien ne semblait pouvoir calmer les manifestants, pris dans une protestation qui tournait à la guérilla urbaine.

 
Le maire a donc pris des mesures radicales : de 20 heures à 6 heures du matin, pas une personne ne doit être trouvée dehors, sauf si elle doit faire face à une urgence médicale ou si elle est sur son trajet travail-domicile. Au premier soir de cette mesure, les rues étaient calmes, et les autorités recommencent à être optimistes, même si le couvre-feu ne fera pas retomber le ressentiment de la communauté noire. Tomothy Thomas est le quatrième suspect noir tué par la police depuis novembre dernier, le quinzième depuis 1995. Durant cette période, aucun suspect blanc n'a été tué par la police.

 

Charles Luken le reconnaît volontiers : "il y a un réel problème avec les relations interraciales et dans la manière dont cette ville va panser ses blessures". Mais il a préféré soigner en surface : "La seule question qui nous intéresse aujourd'hui est de débarrasser nos rues des éléments criminels". Pour faire vivre deux communautés en paix, on verra plus tard.

 

 
 
 
Les images de CNN

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Par Christophe ABRIC le 13 avril 2001 à 10:10
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