© INTERNEAriel Sharon n’a pas changé de technique. En 1982, c’était lorsque Sharon était ministre de la Défense qu’Israël avait lancé ses attaques au Liban. Israël avait alors repoussé l'armée syrienne jusqu'à la plaine de la Békaa et détruit plusieurs dizaines d’avions syriens. Aujourd’hui, Ariel Sharon est Premier ministre, et l’histoire se répète. A quelques heures à peine de la rencontre annoncée entre Shimon Peres, le chef de la diplomatie israélienne, et son homologue jordanien Abdel Ilah Khatib, Tsahal a lancé des attaques contre des cibles militaires syriennes au Liban, qui ont tué au moins deux soldats syriens et blessé cinq autres. Les raids de la nuit de dimanche à lundi ont frappé une station radar à Dhar al Baydar (45 km de Beyrouth) et une position de la DCA syrienne à proximité. Un porte-parole de l'armée israélienne, le général Ron Kitrey, a déclaré qu'Israël avait choisi d'attaquer un "objectif syrien purement militaire, isolé", en évitant de frapper des civils. La première visite d’un dirigeant arabe à Jérusalem depuis l’échec de Camp David, en juillet dernier, qui était censée relancer les négociations par de nouvelles propositions égypto-jordaniennes, risque fort de s’achever sur le fracas des bombes…
"Adresser un message clair aux adversaires d'Israël"
![]() Les raids de la nuit au Liban sud |
Selon le gouvernement israélien, le but des dernières attaques de Tsahal est d'adresser "un message clair" aux adversaires d'Israël. "Ils se trompent lourdement en interprétant le retrait du Liban comme un signe de faiblesse. La Syrie et les Palestiniens doivent comprendre qu'il y a un nouveau gouvernement en Israël et que depuis les règles du jeu ont changé", prévient le porte-parole d’Ariel Sharon, Raanan Gissin. A quoi l’on réplique, parmi les responsables syriens, que ces bombardements constituent "une escalade dangereuse" et que la Syrie "se réserve le droit de se défendre contre toute agression".
Dans un entretien téléphonique avec le président syrien Bachar al-Assad, le chef de l'Etat libanais Emile Lahoud a qualifié ces raids de "développement dangereux révélant, une nouvelle fois, la méthode meurtrière d'Ariel Sharon depuis son arrivée au pouvoir que ce soit avec les Palestiniens ou à l'extérieur" d'Israël. Un conseiller du président Yasser Arafat a également appelé les Etats-Unis et la communauté internationale "à faire cesser les agressions israéliennes".La "méthode Sharon" critiquée en Israël
Mais au sein même du gouvernement israélien, la "méthode Sharon" n’est pas exempte de critiques. Shimon Peres a jugé "inopportune" cette opération compte tenu des risques d'escalade qu'elle comporte. Et le chef du groupe parlementaire travailliste, le député Ofir Pines, a estimé que le gouvernement "a pris une décision dangereuse". "Je comprends la nécessité de répondre aux attaques du Hezbollah, mais fallait-il prendre le risque d'une escalade?", s'est-il interrogé. "D'un point de vue strictement militaire la décision est justifiée, mais non d'un point de vue diplomatique", a-t-il ajouté en exprimant la crainte que les raids affaiblissent la position internationale d'Israël.
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