© INTERNEDans l'arène électorale italienne, deux "gladiateurs" vont emmener leur coalition respective à la bataille, durant un mois à compter d'aujourd'hui. D'un côté, Silvio Berlusconi, 64 ans, brigue à nouveau la Présidence du Conseil, poste qu'il a occupé pendant quelques mois seulement après le scrutin de 1994, est le chef de file incontesté de la coalition de droite. Celle-ci est formée de son parti, Forza Italia, d'Alliance nationale, parti conservateur post-fasciste dirigé par Gianfranco Fini, de deux petits partis démocrates-chrétiens et de la Ligue du Nord, un mouvement populiste et parfois xénophobe conduit par Umberto Bossi et considéré généralement comme peu fréquentable par les partenaires européens de l'Italie.
LES FORCES EN PRESENCE Deux grandes coalitions, la "Maison des Libertés" pour la droite, dans l'opposition depuis 1996, et la majorité sortante de "L'Olivier" pour la gauche, sont les principaux protagonistes de cette campagne dont les 630 sièges de députés et 315 sièges de sénateurs constituent l'enjeu. Les communistes du Parti de la Refondation communiste, les libéraux de la "Liste Emma Bonino" du nom de l'ancien commissaire européen, les indépendants de "L'Italie des Valeurs" de l'ancien juge anti-corruption Antonio Di Pietro, et "Démocratie européenne", fondé par l'ex-syndicaliste catholique Sergio D'Antoni, ont quant à eux choisi de faire cavalier seul pour se compter et tenter de franchir la barre des 4% qui ouvrent les portes du parlement. |
Le deuxième homme
"Homme de paille", "leader virtuel", "homme pour toutes les saisons" : autant de qualificatifs que les candidats de droite sont invités à reprendre pour désigner l'adversaire de M. Berlusconi, l'ex-maire de Rome Francesco Rutelli, 46 ans. Dans la bataille d'image que se livrent déjà depuis l'automne dernier le chef de la coalition de L'Olivier et celui de la CDL, ce dernier possède un avantage de 6 à 20 points, selon les dernières études publiées par les instituts de sondages, mais un tiers de l'électorat est encore indécis. Les abstentionnistes sont en effet "le premier parti politique" en Italie.
Le handicap de M. Rutelli semble actuellement difficile à surmonter. Et L'Olivier semble peu en mesure d'atteindre à elle seule la majorité. Il est en outre apparu bien isolé dans son propre camp depuis sa désignation à la tête de L'Olivier le 21 octobre dernier. Comme s'ils avaient fait le pari d'une défaite inéluctable, le président du Conseil sortant, Giuliano Amato, comme Massimo D'Alema, le président des Démocrates de gauche (principale composante de la majorité), ne lui ont en tout cas pas rendu service jusqu'ici par leurs déclarations, pour le premier, ou par leur silence, pour le second. Ce n'est que jeudi que, pour la première fois, les trois hommes devaient se retrouver à une même tribune pour présenter "un rapport sur l'Italie" et relancer ainsi la campagne de la gauche.
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