Nuit d'angoisse dans un hôtel d'Istanbul

Par Léonard VINCENT , le 23 avril 2001 à 10h20 , mis à jour le 23 avril 2001 à 10h41

Un commando retenait sous la menace d'armes un groupe de touristes, dans un hôtel cinq étoiles d'Istanbul, depuis dimanche minuit. Au milieu de la matinée, les hommes armés se sont rendus. Tous les otages ont été libérés sains et saufs.

turquie swisshotel prise d'otage commando tchétchénie © INTERNE

Courtois, ils se sont "excusés" auprès du peuple turc avant de se livrer.

Un commando a retenu un groupe de touristes en otages, toute la nuit, dans un hôtel de luxe d'Istanbul, et s'est rendu dans la matinée aux forces de sécurité turque : c'est ce qu'a annoncé peu après 10 heures la chaîne de télévision NTV, précisant que la reddition s'était déroulée pacifiquement et que tous les otages avaient été libérés sains et saufs. Courtois, ils se sont "excusés" auprès du peuple turc avant de se livrer, a expliqué à la presse le président de la fondation pour la solidarité avec le Caucase.

Les membres du commando étaient au nombre de treize, "habillés de noir" et lourdement armés, selon un témoin de la scène. Disant agir pour défendre la cause tchétchène, ils avaient fait irruption tard dimanche soir dans le hall d’un hôtel cinq étoiles d’Istanbul, tirant des coups de feu dans le plafond. Au moins 30 otages avaient, dans un premier temps, été emmenés dans le lobby du Swisshotel Bosphorus, avant de monter dans la salle de conférence du 5ème étage. Le bâtiment était cerné par les forces de sécurité turques et la presse internationale, depuis les premières minutes de la prise d’otages, peu après minuit. Et les autorités turques, qui disaient négocier avec le commando, affirmaient que les hommes en armes avaient "des revendications politiques" qu’Istanbul "ne peut remplir".

Dénoncer la guerre en Tchétchénie

Même la présidence indépendantiste a condamné l'action du commando.

Moscou avait, dans la nuit, vigoureusement dénoncé cet "acte barbare", les preneurs d'otages voulant dénoncer les attaques "sanglantes" des troupes fédérales russes dans le Caucase, selon un fax envoyé par le commando à la chaîne de télévision NTV. L'opération s'est d'ailleurs déroulée le jour anniversaire de l'assassinat du premier président indépendantiste et héros de la première guerre russo-tchétchène, Djokhar Doudaïev. Mais même la présidence indépendantiste, qui agit dans la clandestinité dans son propre pays depuis l'offensive des troupes russes, en octobre 1999, a condamné l'action du commando. "Le président de la République tchétchène d'Itchkérie n'accepte aucune action qui viole les droits de l'homme et met en danger la vie et la sécurité de civils, indépendamment de leur nationalité et de leur confession", a indiqué dans la nuit un communiqué du service de presse d'Aslan Maskhadov.

Le leader du commando serait un Turc nommé Muhammed Tokcan, connu des services de sécurité turque et russe pour avoir détourné un ferry en 1996, à Trabzon, un port de la Mer Noire. Capturé, il avait réussi à s'évader de prison, peu après sa condamnation à huit ans de prison, puis avait été repris juste avant de fuir à l'étranger. Il avait été libéré récemment, après le vote d'une loi d'amnistie.

Par Léonard VINCENT le 23 avril 2001 à 10:20
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