© INTERNETsahal a un moment laissé planer le doute. "Les forces israéliennes pourraient rester des jours, un mois, voire des mois pour empêcher de nouvelles attaques au mortier contre le territoire israélien", déclarait mardi à des journalistes le général Yair Naveh, commandant de la division israélienne déployée dans la bande de Gaza. Puis finalement, estimant sa démonstration de force concluante et la "leçon" suffisante, l'armée israélienne a retiré ses troupes. Dans la soirée d'hier, une demi-douzaine de transports de troupes ainsi que des camions transportant des chars ont été vus en train de se retirer du secteur de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza. Les soldats israéliens se sont également repliés de ce secteur de 5 km² investi dans la nuit de lundi à mardi. La décision de retrait a été prise par Ariel Sharon et le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer, selon la radio publique israélienne, qui a précisé que le Premier ministre en avait informé les Etats-Unis.
Israël n'a pas manqué de souligner une fois encore le danger d'éventuelles "provocations" à son égard. "Nous considérons que l'Autorité palestinienne est directement responsable de tout ce qui peut se passer dans les territoires sous son contrôle y compris toutes les actions terroristes notamment les tirs contre les colonies et les soldats israéliens", a indiqué mardi soir un porte-parole militaire israélien. Reste l'essentiel : le repli de Tsahal. Ce dont les Etats-Unis se sont aussitôt félicités, tout en mettant en garde l'Etat hébreu à l'égard d'autres mesures excessives contre les Palestiniens dans l'avenir. "Nous sommes contents de voir qu'ils se retirent de Gaza", a déclaré mardi soir un haut responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat. "Nous continuons dans le même temps à nous soucier du fait qu'Israël ne réagisse pas avec excès aux provocations comme celles que nous avons vues récemment de la part du Hezbollah et du côté palestinien".
Les condamnations américaines
On peut penser que le tollé soulevé sur la scène internationale par l'occupation des territoires sous contrôle total palestinien, pour la première fois depuis la mise en place d'un régime d'autonomie en 1994, n'est pas étranger à cette décision de retrait. Les Etats-Unis ont vigoureusement dénoncé Israël, sommé de mettre fin à son opération militaire "excessive et disproportionnée". Dans une déclaration très ferme, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a mis l'Etat hébreu en demeure de "respecter son engagement de se retirer de Gaza" conformément aux accords israélo-palestiniens. Un haut responsable du département d'Etat, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a affirmé que "les Israéliens [devaient] partir maintenant. Ils ont signé un accord pour partir, ils ne doivent donc plus réoccuper" les zones sous contrôle palestinien. Ces déclarations étaient les plus dures à l'encontre d'Israël, considéré par les Etats-Unis comme leur plus proche allié dans la région, depuis l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon.
Une version que dément bien sûr le gouvernement israélien. Raanan Gissin, le porte-parole d'Ariel Sharon, a tenu à affirmer que le retrait n'avait "rien à voir avec les critiques émises par le département d'Etat". "Dès le départ", a-t-il assuré, "nous avions dit que cette opération ne visait pas à réoccuper des territoires palestiniens, mais à mettre fin aux menaces pesant sur des localités israéliennes". Et à propos de ces critiques américaines, le porte-parole d'Ariel Sharon a simplement noté que "chacun avait le droit d'avoir son opinion", tout en soulignant : "mais si l'on prend la peine de lire entièrement le communiqué du département d'Etat, on s'aperçoit qu'il rejette la responsabilité de la violence sur l'Autorité palestinienne".
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