Proche-Orient : Peres prend la main

Par , le 05 avril 2001 à 15h51 , mis à jour le 04 avril 2001 à 16h14

Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a rencontré mercredi soir le principal négociateur palestinien Saëb Erakat. Objectif: parvenir à un cessez-le-feu en vue d'une future relance des négociations de paix. Mais après la fin de la rencontre, une voiture de la délégation palestinienne a essuyé des tirs de soldats israéliens.

Peres rencontre Arafat ce soir © INTERNE

L’escalade de la violence se poursuit au Proche-Orient. Hier matin, l'armée israélienne a tiré au mortier contre une position de la Force 17, la garde du président Arafat, dans le nord de la bande de Gaza. Des tirs assénés en guise de représailles à une attaque palestinienne similaire dans la matinée contre la colonie juive proche de Netzarim, où quatre obus de mortier sont tombés près des maisons sans faire ni victimes ni dégâts. Au moins cinq obus de mortier de Tsahal ont visé le poste de la Force 17, endommageant plusieurs pièces sans faire de blessé. Hier soir, Israël avait également lancé des raids aériens dans la bande de Gaza et des attaques de chars à Ramallah en Cisjordanie, contre des objectifs de l'Autorité palestinienne, blessant au moins 60 Palestiniens, pour la plupart des civils. Ces bombardements étaient déjà une riposte aux tirs de mortier contre une colonie dans le sud de la bande de Gaza, qui avaient fait deux blessés, dont un bébé de 10 mois, grièvement touché par des éclats.

Rencontre Peres- Erakat

VIOLENCE QUOTIDIENNE

Un Palestinien de 15 ans a été tué jeudi par des tirs de soldats israéliens près de la colonie israélienne de Netzarim dans le centre de la bande de Gaza. Ahmed al-Assar a été atteint à la poitrine lors d'affrontements entre un petit groupe de Palestiniens qui lançaient des pierres et des militaires israéliens qui ont ouvert le feu dans leur direction. D'autre part, un militant du mouvement intégriste palestinien Jihad islamique a été tué jeudi dans un attentat à l'explosif, à Jenine, dans le nord de la Cisjordanie, attribué à Israël. Iyyad Hardane, 30 ans, a été tué alors qu'il se trouvait près d'un téléphone public, a indiqué cette même source qualifiant cet attentat "d'assassinat". En réponse, le Jihad islamique a promis une riposte dure et rapide aux "crimes" d'Israël contre le peuple palestinien.

Tandis que les armes grondent, les rencontres entre responsables israéliens et palestiniens se multiplient. Pour la première fois depuis l’accession d’Ariel Sharon au pouvoir, une rencontre a eu lieu à Athènes, aujourd’hui, entre le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et des responsables palestiniens parmi lesquels le ministre de la Coopération internationale palestinien Nabil Chaath et le principal négociateur palestinien Saëb Erakat. Les parties se sont fixées un nouveau rendez-vous pour mardi prochain. "Nous avons besoin d'urgence d'un arrangement de sécurité", a déclaré Shimon Peres à l'issue de l'entrevue qui s'est tenue en marge d'une conférence internationale à Athènes. De son côté, Saëb Erakat a déclaré que les Israéliens devaient "respecter les accords signés", soulignant que les discussions avaient été "très franches".

Cependant, après la rencontre, une voiture de la délégation palestinienne a essuyé des tirs de soldats israéliens près de Erez. "Il s'est agi d'une  attaque délibérée après notre rencontre dans la région de Tel-Aviv avec une  délégation israélienne, mais le fait que deux de mes gardes du corps aient été  blessés ne parviendra pas à m'impressionner", a affirmé Mohammad Dahlane, chef  du service de sécurité préventive dans la bande de Gaza.

Les Etas-Unis entrent dans la danse

Parallèlement, des responsables israéliens et palestiniens chargés de la sécurité devaient se rencontrer mercredi ou jeudi pour tenter de mettre fin à la vague de violences. Une rencontre qui devrait s'inscrire dans le cadre des arrangements du sommet de Charm el-Cheikh (Egypte) en octobre, où Israël et les Palestiniens s'étaient engagés à coopérer en matière de sécurité pour tenter d'arrêter la violence. Les Etats-Unis ont annoncé, ce mercredi, qu'ils allaient se joindre aux négociations.

Cette implication représente un changement dans la position de l'administration républicaine qui avait plutôt choisi jusqu'à présent une attitude de retrait dans la région, préférant voir les parties en cause se parler directement sans intermédiaire. Un responsable a toutefois indiqué que les Etats-Unis se cantonneraient au rôle de "facilitateur", l'objectif des Etats-Unis demeurant que les deux parties aient un dialogue direct sans participation extérieure.

Par Alexandra Guillet le 05 avril 2001 à 15:51
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