© INTERNEDeux déflagrations ont retenti vers 6 heures ce matin dans la colonie juive de Netzarim, au centre de la bande de Gaza. Peu après ces explosions, l'armée israélienne a bombardé des localités palestiniennes avoisinantes et un échange de tirs entre Israéliens et Palestiniens a suivi ces bombardements.
Cet incident survient quelques heures seulement après que des hélicoptères israéliens eurent bombardé les quartiers généraux de la police palestinienne dans la localité de Beit Lahia et le camp de réfugiés de Jabalya, les endommageant gravement et y faisant cinq blessés dont deux graves. "C'est une nouvelle agression contre les quartiers généraux de l'Autorité nationale palestinienne et contre le peuple palestinien", a affirmé le général Saëb Al-Aziz, commandant des forces palestiniennes pour le nord de la bande de Gaza. "Nous demanderons à la communauté internationale de mettre un terme aux agressions barbares d'Israël." a-t-il ajouté.
Riposte contre riposte
Depuis novembre, l'Intifada a fait 469 morts : 384 Palestiniens, un Allemand, 13 Arabes israéliens et 71 autres Israéliens. |
Avant cette intervention des hélicoptères israéliens, des obus de mortier avaient été tirés par des Palestiniens sur des objectifs israéliens, trois dans les colonies juives de Nissanit et de Morag et cinq étaient tombés en territoire israélien dans l'espace de deux kibboutz (villages collectivistes) limitrophes de la bande de Gaza, Mahal Oz et Netiv Ha'assar. Ces tirs seraient une riposte du mouvement radical palestinien le Jihad islamique au meurtre de l'un de ses militants, Iyad Hardane, survenu le même jour à Jénine, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, dans un attentat à l'explosif attribué à Israël. Dans le cadre de sa répression du soulèvement palestinien (Intifada), l'Etat juif a lancé début novembre une campagne d'élimination de militants de différents mouvements palestiniens accusés d'attaques anti-israéliennes, une stratégie qui a fait une vingtaine de morts, selon l'Autorité palestinienne. Depuis le début de l'Intifada, le 28 septembre, 469 personnes ont trouvé la mort : 384 Palestiniens, un Allemand, 13 Arabes israéliens et 71 autres Israéliens. Les Etats-Unis et la France mettent en garde Israël
"Les plans israéliens d'implantation de colonies dans les territoires palestiniens sont provocants et cela risque d'enflammer davantage une situation déjà fragile dans la région". Richard Boucher |
La France a condamné vendredi l'action d'Israël dans les territoires palestiniens, jugeant que les autorités israéliennes faisaient "fausse route". "La logique de la force et de l'escalade n'offre aucune solution. Il y a une dérive que nous voyons à l'oeuvre sous diverses formes", a estimé M. Rivasseau, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, détaillant "l'annonce provocatrice de la reprise de la colonisation des territoires occupés, (...) la poursuite des meurtres dits extra-judiciaires, (...) les heurts militaires à Gaza, l'atteinte à la sécurité de négociateurs".
Washington avait fermement condamné, hier, la politique de colonisation de l'Etat hébreu et protesté avec vigueur contre les tirs de l'armée israélienne contre un convoi officiel palestinien, après avoir déjà réaffirmé en début de semaine son opposition aux "meurtres ciblés" de responsables palestiniens par Israël. Le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher, a qualifié de "provocants" les plans israéliens d'implantation de colonies dans les territoires palestiniens, affirmant que cela "risque d'enflammer davantage une situation déjà fragile dans la région". Richard Boucher, qui avait déjà condamné récemment des projets d'extension d'une colonie juive à Jérusalem-Est, réagissait cette fois-ci à un appel d'offres pour la construction de 708 logements de colons dans la bande de Gaza, qui a provoqué une levée de boucliers de la part des Palestiniens.
Les Etats-Unis ont également qualifié de "très grave incident" les tirs israéliens dans la nuit de mercredi à jeudi contre un convoi transportant des responsables palestiniens, revenant d'une rencontre avec des responsables israéliens sur les questions de sécurité, incluant une participation américaine.