© AFPN’y aurait-il qu’un seul signe de changement, celui-là suffirait. Les affaires étrangères nippones sont désormais entre les mains de madame Makiko Tanaka. Qu’il s’agisse d’une femme ne laissera pas de marbre les commentateurs au Japon et à l’étranger. Qu’il s’agisse de cette femme, encore moins.
Extrêmement populaire, cette députée de 57 ans est appréciée pour son franc-parler et ses critiques souvent assassines du monde politique et, en particulier, de la vieille garde du parti libéral démocrate, le principal parti japonais. Madame Tanaka a déjà été ministre de la Science et des Technologies mais, si son nom est connu sur la scène internationale, c’est avant tout grâce à son père, l’ancien Premier ministre Kakuei Tanaka, un politicien très réputé de l’après-guerre.
Le Premier ministre Junichiro Koizumi - DR
Madame Tanaka sera l’une des cinq femmes de l’équipe rajeunie mise sur pied par le nouveau Premier ministre Junichiro Koizumi élu hier par la Diète. L'opinion publique attend de lui une sortie de la récession économique et une réforme du principal parti au pouvoir. Pour ce faire, Koizumi, cet excentrique aux cheveux longs, peut compter sur Hakuo Yanagisawa reconduit à la direction des Institutions financières et sur Heizo Takenaka (50 ans), un professeur d’économie partisan des réformes sans concession, qui sera en charge de la politique économique et fiscale.
La vieille garde est toujours présente
En revanche, la désignation de Masajuro Shiokawa comme ministre des Finances trahit les difficultés du nouveau Premier ministre à s’affranchir des vieux loups du parti. D'autres choix pour plusieurs postes clés laissent également penser que Koizumi est engagé dans un exercice d’équilibre délicat entre la sauvegarde de l’unité du PLD et l’accélération des réformes.
Masajuro Shiokawa reste
dans le gouvernement - AFP
Un test interviendra pour la nouvelle équipe lors des élections de juillet à la chambre haute de la Diète. L’arrivée de Koizumi a fortement augmenté les chances du PLD. Cela suffira-t-il à réconcilier les électeurs avec leurs politiciens ? Rien ne garantit que les réformes attendues seront moins douloureuses pour eux que l’immobilisme et les interminables tractations politiques dont le pays souffre aujourd’hui.
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