© INTERNE- Le communiqué du secrétaire général de l'Otan, George Robertson, annonçant l’arrestation
- Le site du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie
Le 11 juillet 1995, en pleine guerre de Bosnie, l'enclave bosniaque de Srebrenica, pourtant sous protection de l'ONU, tombait aux mains des forces serbes du général Ratko Mladic. C’était le début d’un des pires massacres du conflit, qui devait voir périr environ 7.000 prisonniers assassinés par les troupes serbes. Les conditions de cette chute ont suscité depuis une vive polémique sur le rôle de la FORPRONU, qui a été d'abord sous la responsabilité du général Philippe Morillon au moment de la création de la zone de sécurité de Srebrenica, puis au moment de sa prise brutale sous la responsabilité du général Bernard Janvier. La fin de l'enclave de Srebrenica fait toujours l’objet d’une enquête d’une mission d'information parlementaire française. Les casques bleus néerlandais qui protégeaient l’enclave affirment que des frappes massives de l'OTAN contre les forces serbes étaient attendues dans la matinée du 11 juillet. Lors de son audition devant cette même mission, le 24 janvier dernier, l'ancien Premier ministre Alain Juppé avait affirmé pour sa part que les dirigeants néerlandais avaient refusé le recours à la force pour sauver Srebrenica.
![]() Radislav Krstic lors de l'ouverture de son procès à La Haye |
"N’en laissez pas un seul vivant !"
Le nom de Dragan Obrenovic était déjà apparu lors des audiences du Tribunal pénal international. Il avait d’ailleurs été interrogé à deux reprises par les enquêteurs du TPI dans le cadre de l'enquête sur les massacres de Srebrenica. En octobre dernier, au cours du procès de Radislav Krstic, l’ex-bras droit de Ratko Mladic, l’accusation avait dévoilé le contenu d’une conversation téléphonique terrifiante. Quelques secondes d’un enregistrement de qualité médiocre, mais qui permettaient d’entendre distinctement Radislav Krstic donner ses ordres à un officier - précisément Dragan Obrenovic - pour hâter le massacre :
"Le travail avance ? demandait la première voix – celle de Krstic.
- Oui, on travaille, répondait la deuxième voix – celle de Dragan Obrenovic.
- Bien.
- Il y en a encore quelques-uns, qu’on a eus…
- Bien !
- …par armes à feu ou par les mines…
- Tuez-les tous ! Baisez leurs mères !
- Tout se déroule conformément aux plans.
- N’en laissez pas un seul vivant !"
Dragan Obrenovic, qui est toujours officier dans l'armée de la Republika Srpska, est aujourd’hui accusé de crimes de guerre perpétrés entre juillet et novembre 1995. Il commandait alors les brigades Zvornik et est accusé d'avoir exterminé des milliers de musulmans bosniaques. Il est également accusé de complicité de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que de crimes contre l'humanité et enfin d'"infractions graves" aux Conventions de Genève de 1949, avec notamment des accusations à son encontre de meurtre, de torture et de persécutions raciales et religieuses.
(Photo d'ouverture : les prisonniers de Srebrenica, peu avant le massacre, en juillet 1995 - archives)
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