Shimon Peres apporte la réponse d'Israël

Par Léonard VINCENT , le 28 avril 2001 à 16h41 , mis à jour le 27 avril 2001 à 17h10

Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres est attendu dimanche à Amman et au Caire, pour présenter la réponse de l'Etat hébreu au plan de paix égypto-jordanien. Cette démarche, qui intervient au lendemain de la reprise des tirs de mortiers contre les colonies juives, est diversement appréciée en Israël.

Peres rencontre Arafat ce soir © INTERNE

C'est la méthode Shimon Peres qui a encore les faveurs du Premier ministre israélien Ariel Sharon, alors que le ministre des Affaires étrangères a été dépêché en Jordanie et en Egypte pour présenter la position de son pays sur le seul plan de paix actuellement en discussion. L'artisan des accords d'Oslo et chef travailliste de la diplomatie israélienne doit en effet se rendre dimanche au Caire et à Amman, pour présenter aux initiateurs du projet de l'initiative de paix les "objections" et "remarques" de l'Etat hébreu (Cf. notre article "Proche-Orient : un texte à débattre", 26 avril 2001).

RENCONTRES

Des responsables palestiniens et israéliens en charge de la sécurité ont examiné vendredi les moyens de réduire la violence et d'alléger le bouclage des territoires occupés. Les deux parties se sont mises d'accord, après deux heures d'entretien au quartier général de l'armée israélienne près de Ramallah, d'organiser dimanche deux réunions de suivi, l'une en Cisjordanie et l'autre dans la bande de Gaza. "Il y a des promesses du côté israélien d'assouplir les restrictions imposées aux Palestiniens mais il est trop tôt pour en juger", a déclaré un responsable israélien sous couvert d'anonymat. A Jérusalem, une source du ministère de la Défense a confirmé la rencontre, soulignant que la délégation israélienne avait "insisté sur un arrêt des violences" et que la discussion avait porté aussi sur "les moyens d'améliorer les conditions de vie de la population palestinienne".

Shimon Peres s'efforcera d'obtenir des modifications au projet, tandis que les Palestiniens ont d'ores et déjà fait savoir que tout "amendement de fond" serait refusé. Simple tâche ardue ou mission carrément impossible ? Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a dit voir de l'espoir dans le plain de paix égypto-jordanien. Du projet de cessation de la violence et d'amorce d'un règlement permanent du conflit israélo-palestinien pourrait "sortir quelque chose qui serait une base pour avancer", a-t-il laconiquement estimé, jeudi. Mais il a également fait comprendre qu'il n'était pas possible d'avancer sans que la violence ait diminué. Or le Fatah a de nouveau repris ses tirs de mortiers contre les colonies juives samedi.

Objections et refus

La position israélienne stipule que, s'il était demandé aux forces de l'Etat hébreu de "mettre fin au siège" des territoires, rien dans le texte n'exigeait des Palestiniens un arrêt des agressions anti-israéliennes. De plus, le projet prévoit un "gel immédiat et total de la colonisation", ce qu'Ariel Sharon a une fois de plus catégoriquement refusé, vendredi, estimant que le maintien des colonies "ne pose pas de problème", dans le cas d'un accord de paix. "Notre gouvernement s'est engagé à ne pas ériger de nouvelles implantations, a-t-il déclaré au Jerusalem Post, mais rien ne peut empêcher l'accroissement de la population dans les implantations en place."

Au sein même du gouvernement israélien, les initiatives obstinées de Shimon Peres ont reçu un accueil radicalement différent, selon la couleur politique des ministres qui se sont exprimés. "Je repousse totalement la démarche de M. Peres, a ainsi lancé le ministre des Transports, Rehavam Zeevi, représentant de l'extrême-droite au cabinet d'union nationale. Nous sommes entrés dans ce gouvernement pour sauver le Grand Israël et pas pour accepter une nouvelle mouture des accords d'Oslo." Un autre ministre, membre du Likoud, a quant à lui qualifié de purement "tactique" ce rapprochement indirect entre Israéliens et Palestiniens. Le seul écho positif à la démarche de Shimon Peres est venu de son propre camp : le député travailliste Haïm Ramon a répété vendredi "qu'il faut tout tenter pour faire un cessez-le-feu". Mais qu'il fallait d'abord réduire la violence de manière significative.

Par Léonard VINCENT le 28 avril 2001 à 16:41
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