© INTERNE"Une nuit de chaos" : tel était lundi le qualificatif de la presse italienne, après des opérations électorales qui se sont déroulées jusque fort avant dans la nuit, parfois dans une confusion totale. Un nombre insuffisant de bureaux, une forte participation et un système électoral complexe ont provoqué des embouteillages et des queues monstres, poussant le ministre de l'Intérieur à présenter ses "excuses" aux Italiens. De plus, les fluctuations des instituts de sondage, donnant tantôt Silvio Berlusconi vainqueur sans partage, tantôt la victoire de la droite incertaine, ont ajouté au climat de désordre qui règne aujourd'hui dans le pays.
Mais lundi, en fin d'après-midi, les résultats officiels ne laissaient plus de doute : la "Maison des libertés", coalition de droite emmenée par le magnat de la communication, obtient la majorité absolue au Sénat, avec 177 sièges remportés sur 315. Et à la Chambre des députés, dont les pouvoirs sont égaux à ceux du Sénat, la CdL obtient 368 sièges sur 630, contre 242 à L'Olivier. La coalition de gauche emmenée par Francesco Rutelli n'a donc pas su réprimer la poussée de l'alliance de "Sua eminenza". Le magnat des médias s'est exprimé en début de soirée dans une allocution solennelle à la télévision. Il a parlé d'"une volonté de changement manifeste" du peuple italien et s'est engagé à "former un gouvernement stable" dès son investiture.
Mardi matin, le centre-gauche a reconnu la "légitimité" de la victoire de Silvio Berlusconi. Avec une marge confortable de 52 sièges à la Chambre et de 19 au Sénat au delà de la majorité absolue, la coalition menée par le magnat aura les coudées franches pour gouverner. M. Berlusconi devra compter cependant avec le mouvement d'Umberto Bossi qui malgré son faible score, devrait avoir des ministres dans le futur gouvernement, comme promis. "Nous irons au gouvernement", a clairement averti le numero 2 de la Ligue, Roberto Maroni. Il a rappelé qu'il entendait également faire respecter les termes du pacte passé avec M. Berlusconi notamment sur les questions de l'immigration et du fédéralisme.
Une nouvelle page Berlusconi
Malgré la "vigilance" européenne, les mises en garde des ténors de la gauche et les exhortations de la presse étrangère, les Italiens semblent avoir décidé "d'oser" ouvrir une nouvelle page Berlusconi, sept ans après une première expérience avortée. Le programme du futur gouvernement italien apparaît comme un savant dosage entre le credo libéral de Forza Italia, les revendications fédéralistes de la Ligue du Nord, les soucis sécuritaires des néo-fascistes d'Alliance nationale et la fibre européenne des petits partis démocrates-chrétiens de centre-droit.
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