Berlusconi privé de télés

Par Léonard VINCENT , le 18 mai 2001 à 16h20 , mis à jour le 17 mai 2001 à 17h06

Le président de la République italienne et Silvio Berlusconi se sont rencontrés pour la première fois mercredi, deux heures durant. Carlo Azeglio Ciampi a demandé à l'homme le plus riche d'Italie de régler la question du conflit d'intérêts entre ses biens industriels et ses pouvoirs politiques, avant de pouvoir être nommé à la tête du gouvernement.

berlusconi © INTERNE

Silvio Berlusconi avait promis de faire voter un texte dénouant ce dilemme dans les cent premiers jours de son règne.

Au terme d'un premier rendez-vous de deux heures, le champion de la droite italienne Silvio Berlusconi a été prié mercredi soir par le président de la République Carlo Azeglio Ciampi de ne pas mélanger les genres. Le futur président du Conseil devra résoudre l'épineuse question du "conflit d'intérêts" avant que le chef de l'Etat italien ne le désigne officiellement à la tête du gouvernement. Silvio Berlusconi avait certes promis de faire voter un texte dénouant ce dilemme dans les cent premiers jours de son règne. Mais le président Ciampi, dont le rôle est traditionnellement celui d'un arbitre, l'aurait enjoint d'annoncer le contenu de la loi avant sa prestation de serment, prévue avant le 20 juin.

Comptées ensemble, les chaînes de télévision nationales et les médias de la holding de Silvio Berlusconi totalisent en effet 95% des parts d'audience du paysage audiovisuel italien. De plus, la nébuleuse industrielle du "Cavaliere" contrôle une prestigieuse maison d'édition, le club de football du Milan AC, un quotidien national, de nombreux autres intérêts financiers et une agence de publicité. Avant les élections de dimanche dernier, plusieurs journaux européens s'étaient inquiété de cette situation de monopole annoncé. Même selon les dires du Premier ministre espagnol José Maria Aznar, pourtant principal laudateur européen de Berlusconi, le conflit d'intérêts n'est "pas normal".

Le président Ciampi aurait demandé à Silvio Berlusconi de constituer une "équipe forte".

L'homme le plus riche d'Italie, qui détient 48% de la holding Mediaset, devra donc, d'une manière ou d'une autre, se défaire d'au moins une partie de son empire. En outre, le président Ciampi aurait demandé à Silvio Berlusconi de constituer une "équipe forte" arrimée à un majorité stable et comportant des hommes et des femmes d'honneur. Selon le quotidien La Reppublica, l'ancien secrétaire général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Renato Ruggiero prendrait le ministère des Affaires étrangères. On ignore en revanche si Gianfranco Fini, leader du parti d'extrême-droite Alliance nationale, prendra, comme on le dit, la vice-présidence du Conseil. Mais d'ores et déjà, le président de Ferrari Luca di Montezemolo, sollicité par Silvio Berlusconi, a décliné l'invitation à participer au gouvernement.

Par Léonard VINCENT le 18 mai 2001 à 16:20
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