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Bush perd le Sénat, rappel des faits
-TF1.Fr : Jim Jeffords n'a-t-il pas eu un comportement irresponsable en partant du parti républicain, sachant les conséquences que cela allait entraîner?
Il ne faut pas mettre cela sur le plan moral mais sur le plan politique. Certes, ce départ lui donne une notoriété médiatique et internationale, mais avant tout il s'agit d'un désaccord politique profond. Jim Jeffords est un sénateur du Vermont. Cet Etat de la Nouvelle Angleterre manifeste des tendances libérales (centre-gauche). Jeffords est un républicain du centre, et non un conservateur. Par conséquent, ses relations avec le reste des républicains sont difficiles, depuis toujours. Ces derniers temps, il a beaucoup milité pour l'accroissement des crédits de l'éducation. Il n'a pas obtenu satisfaction, donc il a quitté le parti.
Cette menace de bascule existait déjà, avec ou sans Jeffords |
-TF1.fr : Quelles sont les conséquences immédiates de cette entrée en cohabitation?
La première est que les démocrates vont nettement renforcer leur influence puisque les présidences de toutes les commissions reviennent au parti majoritaire. Désormais, c'est eux qui également vont régler le calendrier de présentation des projets de lois et vont donc pouvoir freiner les actions du Président en retardant leur dépôt, en proposant des amendements…
Mais il ne faut pas tirer des conséquences planétaires de cette nouvelle configuration politique. Les Américains sont habitués à ce que nous appelons, nous, la cohabitation. C'est la situation antérieure, c’est à dire les deux chambres en majorité du même parti que le président, qui n'est pas courante. Un seul exemple : depuis 1994, Clinton a dû faire face à la majorité républicaine au Congrès. Cela ne l'a pas empêché de se faire réélire entre temps.
Aux USA, la cohabitation est une situation normale. |
-TF1.fr : Quelles seront les principales difficultés pour Bush désormais pour faire appliquer sa politique ?
La stratégie de George W. Bush va désormais consister à rallier quelques démocrates dans le camp des républicains pour revenir à l'équilibre. Ce ne serait pas une première. Bush est récemment parvenu à faire passer une diminution de la ponction fiscale grâce au renfort de voix démocrates. Concernant la politique énergétique, il existe aujourd'hui aux Etats-Unis une forte opposition à la remise en route des centrales nucléaires par exemple. Ce problème transcende largement les clivages politiques. Pour ratisser le plus large possible, le Président va donc devoir mener une politique plus centriste. Par ailleurs, les élus ne votent pas de manière monolithique. Ils votent en fonction de la volonté des habitants de leur Etat. Leur objectif est avant tout d'être réélus.
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