© INTERNEAux bombes répondent les bombes. Dans cet engrenage de la violence au Proche-Orient, ni les Palestiniens, ni les Israéliens ne semblent croire encore en la possibilité de négocier. Chacun rejette sur l’autre la responsabilité de l’escalade. Le plan de paix jordano-égyptien est relégué au rang de vœu pieux. Quant au rapport de la commission Mitchell "d'établissement des faits", s’il a été accepté sans réserve par les Palestiniens, il a suscité la méfiance d’Israël. Tout en considérant ce rapport comme "une tentative constructive et positive de briser le cycle de la violence", le gouvernement Sharon a rejeté son appel à un gel de la colonisation et refusé ses critiques sur l’usage "excessif" de la force par Tsahal.
Conflit israélo-palestinien :
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Jusqu’où Sharon peut-il aller ?
Autre signe de cette volonté d’asphyxier Arafat : la violence croissante déployée en réponse aux attaques palestiniennes. On est loin à présent des balles en caoutchouc tirées contre des Palestiniens lanceurs de pierres. Désormais, les tirs d’obus de chars israéliens, les incursions militaires dans les territoires sous contrôle palestinien sont devenus monnaie courante. Plusieurs fois, Israël a invoqué la nécessité de répondre à des tirs de mortier palestiniens contre des colonies juives. Mais en choisissant de réoccuper une partie de la bande de Gaza sous contrôle palestinien, tout comme en ayant recours vendredi à des chasseurs-bombardiers, Sharon a franchi à chaque fois une étape supplémentaire dans la confrontation. Uzi Landau, le ministre israélien de la sécurité publique, a d’ores et déjà prévenu qu’Israël se préparait à "combattre à outrance" les Palestiniens pour les contraindre à cesser les violences.
La tactique peut-elle être efficace ? Probablement pas. Dans l’immédiat, elle ne fera sans doute qu’accentuer le cycle de représailles et de contre-représailles. Car cette inflation de la violence des ripostes ne devrait pas pouvoir dépasser un certain seuil. Ariel Sharon ne pourra sans doute pas aller beaucoup plus loin. Serait-il réaliste que Tsahal occupe de nouveau la zone A ? Israël pourrait-il déclencher une guerre totale contre les Palestiniens sans susciter une intervention internationale ? Sharon est aussi limité par la nécessité minimale de maintenir l’unité de son gouvernement. S’il allait trop loin, il susciterait le rejet de la part des travaillistes et d’une partie notable de l’opinion israélienne. Plus que tout, Sharon veut pouvoir garder derrière lui un pays uni. Et de ce point de vue au moins, sa stratégie est payante : aujourd’hui encore, l’opinion israélienne lui est largement favorable.
(Photo d'ouverture : une victime palestinienne des raids israéliens de vendredi - DR)
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