© INTERNEQuiproquo... ou nouveau durcissement dans les relations entre les Etats-Unis et la Chine, déjà malmenées ces derniers temps par l’épisode de l’avion-espion américain et par la décision officielle de George Bush de poursuivre le projet de système national de défense antimissile ? Mercredi, tous les grands médias américains, CNN en tête, annonçaient que le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld avait ordonné la suspension des relations militaires des Etats-Unis avec la Chine jusqu'à nouvel ordre. Cette décision semblait avoir été prise en début de semaine ; l'ordre en aurait été signé deux jours auparavant par Christopher Williams, assistant spécial du secrétaire à la Défense pour les questions politiques.
![]() L'objet du litige : l'avion-espion EP-3E, toujours aux mains des Chinois - DR |
Mais en cours de soirée, contre-ordre spectaculaire : le Pentagone publiait un démenti qui annonçait que les relations militaires sino-américaines n'étaient en rien suspendues, et qu'elles devraient simplement être désormais étudiées au cas par cas. Officiellement, les intentions du secrétariat américain à la Défense auraient été "mal interprétées"... et le fameux communiqué, publié par erreur. Si, effectivement, l'ordre de suspendre toute relation militaire avec la Chine figurait bien dans un memorandum interne du secrétariat américain à la Défense, il ne s'agissait là que d'une première version élaborée en réponse à l'attitude des Chinois lors de l'incident de l'avion-espion EP-3E... Une version qui n'était absolument pas destinée à être publiée, et qui aurait été, depuis, largement amendée...
La Chine acceptera-t-elle de rendre le EP-3E?
Faut-il croire à la thèse de la "bavure"... ou voir là un signe adressé à la Chine ? Le contexte s'y prêterait particulièrement. Tout d'abord, la Chine refuse toujours de restituer l'avion-espion EP-3E de la marine américaine, qui s'est posé le 1er avril sur l'île d'Hainan après une collision avec un chasseur chinois. Une équipe d'experts américains a seulement été autorisée à se rendre sur l'île de Hainan cette semaine pour inspecter les dégâts subis par l'avion-espion, afin de déterminer comment il pourra être récupéré si les Chinois autorisent son départ. Le secrétaire américain à la Défense a annoncé mercredi que les Etats-Unis avaient reçu un rapport préliminaire de cette équipe, mais sans rien préciser du contenu de ce rapport.
Par ailleurs, cette annonce et ce démenti spectaculaires tombent à un moment crucial pour les relations militaires entre les Etats-Unis et la Chine. La loi sur les relations militaires sino-américaines, qui expirait fin avril, n'a toujours pas été renouvelée. Ces relations se traduisent par des visites de militaires dans les deux pays, par exemple celle en Chine au début de l'année du commandant en chef des forces américaines dans le Pacifique, l'amiral Dennis Blair. Dans ce cadre, des navires relâchent dans des ports de l'autre pays, ce qui était le cas de trois destroyers américains en chine, juste avant l'accrochage aérien du 1er avril. La hiérarchie militaire américaine se montre favorable à ces contacts, car ils permettent notamment à des jeunes officiers de se connaître et de maintenir les liens personnels quand ils montent en grade, un système qui peut éviter de futurs incidents dus à l'incompréhension. Ce programme a cependant été critiqué par la droite républicaine après la détention pendant onze jours des 24 aviateurs de l'EP-3.
(Photo d'ouverture : le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld - AFP)
Retour MYTF1

Chargement en cours...




