Europe : Paris et Berlin défendront une position commune

Par , le 12 mai 2001 à 08h43 , mis à jour le 12 mai 2001 à 09h16

Les dirigeants français et allemands, réunis vendredi pour un dîner parisien, ont affiché leur volonté de défendre "une position commune" lors du sommet européen de Goeteborg en juin, malgré leurs profondes divergences sur l'avenir institutionnel de l'Union européenne.

chirac jospin schroeder rencontre paris 12/05 © INTERNE

Il y aura "une position commune de la France et de l'Allemagne sur tous les sujets abordés" au sommet européen de Goeteborg, à la mi-juin sous présidence suédoise, a assuré le chancelier Gerhard Schroeder. Une déclaration prononcée à l'issue d'un dîner de près de trois heures trente organisé à Paris, dans un restaurant corrézien, avec Jacques Chirac et Lionel Jospin. En matière d'élargissement de l'UE, le chancelier a affirmé que "rien ne sera décidé tant que tout ne sera pas décidé", rejoignant ainsi la position française qui n'entend pas dissocier le dossier agricole du reste des négociations avec les pays candidats. "Nos approches seront communes, même si nous savons que chaque pays peut avoir des problèmes particuliers que le partenaire doit comprendre", a renchéri Lionel Jospin. Mais si sur les questions d'élargissement de l'Europe, Paris et Berlin sont sur la voie d'un accord, il n'en va pas de même concernant la réforme des institutions européennes.

Passe d'armes Chirac-Schroeder sur l'avenir des institutions

La direction du SPD avait adopté lundi dernier un projet fédéraliste pour l'Union européenne proposé par M. Schroeder. Dans cette résolution, le chancelier préconise un renforcement de la Commission et du parlement européen, et la transformation du Conseil des ministres en une chambre haute représentant les Etats-nations. La France, par la voix du ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, a opposé une fin de non-recevoir à ce qu'elle estime être une "réduction" du Conseil à une deuxième chambre.


Réunion au restaurant Faugeron à Paris-
Jacques Chirac s'est attiré une vigoureuse répartie du chancelier Schroeder, hier soir, à propos de cette proposition pour l'Europe du futur, M. Schroeder en revendiquant la paternité que M. Chirac lui déniait. "Il n'y a pas de position du chancelier Schroeder", a affirmé M. Chirac en réponse à la question d'une journaliste sur la réaction française à ce projet. "Il y a une position du Parti social-démocrate allemand (SPD) et nous sommes prêts à en discuter". De quoi déclencher une moue du chancelier Schroeder, président du SPD, qui lui a répondu du tac au tac: "Tout ce qui ce passe au SPD se fait en plein accord avec son président".

En attendant que Lionel Jospin livre début juin sa vision de l'Europe, le Parti socialiste a lui aussi vivement critiqué un projet allemand pas assez "équilibré" et qui fait la part trop belle à une conception fédérale à l'allemande. Sur le site internet de l'Elysée à l'occasion de l'ouverture d'un forum sur l'avenir de l'Europe, Jacques Chirac a réitéré son souhait d'une Constitution européenne pour savoir "qui fait quoi" dans une "fédération d'Etats-nations" dont il n'a pas fixé les contours.

Par Alexandra Guillet le 12 mai 2001 à 08:43
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