© INTERNEAlors que le "Cavaliere" bénéficiait d'une avance de 20 points dans les sondages au lancement de la campagne, les dernières projections font état d'une avance de 4 points. |
Le centre de toutes les attentions
L'alliance hétéroclite et prolixe qu'a constituée Berlusconi autour de son parti Forza italia est la même que celle avec laquelle il avait déjà gouverné, sept mois durant, en 1994. Outre sa personnalité un rien mégalomane et ses manières de hâbleur, ses deux principaux alliés effrayent autant qu'ils fascinent. Tant l'Alliance nationale de Gianfranco Fini, parti néo-fasciste xénophobe ne refusant pas l'héritage de Mussolini, que la Ligue du nord du populiste Umberto Bossi, mouvement autonomiste de la "Padanie" qui fait recette avec son racisme et son homophobie folklorique, sont ouvertement anti-européens.
Pour autant, ni l'Union européenne, ni les gouvernements des Quinze ne se sont prononcés sur l'élection de ce dimanche en Italie, cachant mal tout de même l'inquiétude qui règne dans la classe politique européenne, face à la perspective d'une victoire de Silvio Berlusconi. Mais l'expérience autrichienne a calmé les ardeurs de l'UE et les diplomates de Bruxelles, sous couvert d'anonymat, confirment à qui veut l'entendre qu'une Italie avec Berlusconi a sa tête ne subirait aucune sanction.
De plus, aux outrances verbales, aux mauvaises plaisanteries sur le Sida, aux allusions personnelles contre Francesco Rutelli, le "cas Berlusconi" s'est un peu plus alourdi ces dernières semaines. Propriétaire, entre autres, de trois chaînes de télévision, d'une prestigieuse maison d'édition et d'un grand quotidien, "sua eminenza", s'il était élu, prendrait également, de fait, possession des trois chaînes nationales, ce que beaucoup apparentent à un conflit d'intérêts insurmontable. La solution ? Silvio Berlusconi a promis de faire voter une loi résolvant ce problème dans les 100 premiers jours de son futur règne.
Longue et difficile remontée
"J'arrive à la fin d'une campagne électorale difficile, pour un scrutin donné comme perdu, en étant convaincu que nous gagnerons les élections." |
Lâché par la galaxie marxiste du Parti de la Réfondation communiste (PRC), qui présentera partout des candidats, Francesco Rutelli ne peut en théorie pas compter sur les voix de cet électorat et a eu quelques difficultés à convaincre les indécis et les abstentionnistes de voter pour lui. Car, dans ce pays fortement politisé, où l'abstention était très faible jusqu'aux années 90, les "boudeurs d'urnes" sont devenus une force politique de première importance. Il est clair que ce dimanche encore, ce sont eux qui indirectement feront le président du Conseil.
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