Khatami se résout à une victoire annoncée

Par L.V. , le 04 mai 2001 à 10h44 , mis à jour le 04 mai 2001 à 11h04

Après avoir maintenu le suspense jusqu'au bout, le président iranien sortant Mohammad Khatami a déposé sa candidature vendredi à l'élection présidentielle du mois de juin. Grand favori, il a pourtant déclaré qu'il aurait préféré ne pas se représenter.

mohammad khatami iran © INTERNE

Elu en mai 1997 avec 70% des voix, Mohammad Khatami a décidé de briguer un second mandat de quatre ans.

Il était 11 heures 30 à Téhéran, vendredi, lorsque le président iranien en exercice Mohammad Khatami est arrivé sous forte escorte, décontracté et souriant, au ministère de l'Intérieur. Sous le regard de dizaines de journalistes, il a rempli les formulaires de candidature pour l'élection présidentielle du 8 juin. Les formalités ont duré une dizaine de minutes. Elu en mai 1997 avec 70% des voix, Mohammad Khatami a donc décidé de briguer un second mandat de quatre ans, après avoir entretenu le suspense jusqu'au bout.

"On a évoqué mes doutes sur ma participation, s'est ensuite confié le président Khatami. C'est vrai. La raison de mes doutes, c'était le sort et les inquiétudes quant à l'avenir de la révolution et du pays, et je suis encore inquiet. J'aurais préféré servir le pays et le peuple ailleurs qu'à la présidence. Mohammad Khatami a par ailleurs affirmé que son objectif d'une "démocratie religieuse" serait "encore long" à atteindre pour l'Iran. "Notre société sera épargnée et préservée s'il y a dans notre pays une démocratie religieuse. Dans notre pays, nous avons un maillon qui manque, en raison de la séparation entre le peuple et le pouvoir, a-t-il souligné. Un révolutionnaire doit s'efforcer de remplir ce manque, et c'est par ce geste que nous servirons le caractère républicain de notre régime."

Un favori affaibli

Personne, dans les milieux politiques iraniens, ne doute de la victoire du président réformateur. Pourtant, jeudi, une soixantaine de personnes s'étaient portées candidates, s'ajoutant aux 67 enregistrées mercredi, soit plus d'une centaine au total, dont trois femmes, une première dans la République islamique. Mais le Conseil de surveillance, instance qui statue en matière électorale, ne devrait en retenir que quelques-uns. Lors du précédent scrutin présidentiel, le 23 mai 1997, le Conseil avait avalisé quatre candidatures sur plus de 200 dossiers présentés.

Aucun ténor de la politique n'avait encore fait acte de candidature.

Hormis le controversé ancien ministre des Renseignements Ali Fallahian, dont les services ont été impliqués dans des meurtres d'opposants, aucun ténor de la politique, dans le camp conservateur comme dans le camp réformateur, n'avait encore fait acte de candidature. Sans doute, ses opposants attendaient sa décision, pour orienter leur stratégie. Le président sortant, toujours aussi populaire et résolument opposé au Guide de la révolution Ali Khamenei — qui dispose de plus de pouvoir que lui —, leur a répondu.

Par L.V. le 04 mai 2001 à 10:44
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