© INTERNELa règle d'or de William Burns est l’humilité. Les premiers mots prononcés devant le Sénat par le nouvel "assistant spécial" de Colin Powell pour les questions israélo-palestiniennes définissent bien le personnage et sa ligne de conduite : "nous n'avons pas le monopole de la sagesse au Proche-Orient". Une déclaration qui prend tout son sens quand on sait que ce diplomate de 44 ans a été plusieurs années en poste en Jordanie, et qu’il a participé à toutes les rencontres organisées sous l’égide des Etats-Unis en faveur du processus de paix depuis les négociations de Wye Plantation.
![]() L'arrivée de William Burns à Ramallah |
"Il faut donner une chance à l'envoyé de Bush"
Deux voitures piégées ont explosé ce dimanche à Jérusalem, à quelques heures d'intervalle peu avant le début de la mission diplomatique de William Burns. Les deux attentats se sont produits à proximité de la rue Jaffa, principale artère de Jérusalem ; une première voiture a explosé dans la nuit, sans faire de victime – une deuxième explosion dans la matinée a fait deux blessés légers. Outre les deux blessés, au moins 17 passants sont en état de choc et tous ont été hospitalisés. Le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), a revendiqué le premier attentat et le Jihad islamique, autre organisation opposée au processus de paix, a revendiqué le deuxième. Un conseiller du Premier ministre Ariel Sharon, Avi Pazner, a aussitôt accusé le président palestinien Yasser Arafat d'être responsable de la "vague terroriste actuelle".
C’est dans cette ambiance délétère que William Burns a entamé sa mission en rencontrant le président Arafat à Ramallah. Il doit s'entretenir avec Ariel Sharon dans l'après-midi à Jérusalem. Mais le gouvernement israélien a sa propre vision du rôle de l’assistant spécial de Colin Powell. "La mission de William Burns est de faire pression sur Yasser Arafat pour qu'il mette fin à la violence", a déclaré sans ambages, dimanche, un responsable du bureau du Premier ministre. Après ces deux derniers attentats, plusieurs ministres de la droite dure tels que Rehavam Zeevi et Uzi Landau ont appelé Sharon à mettre fin au cessez-le-feu et à autoriser l'armée à reprendre l'initiative sur le terrain. Le ministre des Transports Ephraïm Sneh est l’un des rares à estimer qu'il "faut donner une chance à l'envoyé spécial du président George Bush" tout en soulignant que le cessez-le-feu "n'empêche pas l'armée d'agir pour faire échec à des tentatives d'attentats".
(Photo d'ouverture : un deuxième attentat à la voiture piégée a frappé Jérusalem dans la matinée - DR)
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