Proche-Orient : des morts, des manoeuvres et des mots

Par Léonard VINCENT , le 17 mai 2001 à 15h40 , mis à jour le 16 mai 2001 à 16h05

Les affrontements entre insurgés palestiniens et soldats israéliens font désormais chaque jour des victimes. Sur le plan diplomatique, les avancées sont laborieuses. Le Conseil de sécurité de l'ONU a été convoqué en réunion extraordinaire jeudi pour examiner la situation.

vignette proche orient proche-orient israel palestine © INTERNE
Insurgés tués au cours d'affrontements avec des militaires israéliens, incursions de Tsahal en territoire autonome, manœuvres diplomatiques, attentats ou tentatives d'attentats, propositions et contre-propositions de paix : pas un jour ne passe sans que le Proche-Orient n'occupe, sous tous ces aspects, le devant de l'actualité.

A Jérusalem-est, un civil palestinien a découvert une bombe et l'a lancée dans un buisson.

Mercredi encore, un adolescent de 14 ans, qui lançait des pierres sur des soldats près de Netzarim, a été tué par balle. Cinq policiers palestiniens ont été tués, à la suite semble-t-il d'une "erreur" de l'armée israélienne, qui pensait attaquer une position occupée par des membres de la Force 17. Tsahal a pénétré à cinq reprises en territoire autonome palestinien de la bande de Gaza, pour effectuer des perquisitions, prendre des positions d'observations ou fouiller et raser des installations agricoles. Peu auparavant, des obus de mortiers avaient été tirés depuis des secteurs palestiniens, à proximité d'un kibboutz. Et pour ajouter au climat de guerre, un attentat a été déjoué mercredi matin à Jérusalem-est par un civil palestinien qui a découvert une bombe et l'a lancée dans un buisson. En outre, un attentat à la bombe a stoppé le trafic sur la voie ferrée reliant Tel-Aviv et Haïfa, sans faire de dégâts.

Conflit israélo-palestinien :
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Puis, jeudi matin, l'armée israélienne a bombardé le camp de réfugiés de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, faisant quatre blessés palestiniens, dont un grave. Elle a également mené à l'aube une brève incursion en territoire sous contrôle palestinien, pour détruire des habitations dans la localité de Qarara, près du même camp.

Lente diplomatie

Face à cette escalade quotidienne, le Conseil de sécurité de l'ONU a été convoquée en réunion extraordinaire jeudi en fin de matinée, pour examiner la situation au Proche-Orient. Car les initiatives diplomatiques semblent paralysées. Mardi, on apprenait la position officielle des Israéliens et des Palestiniens sur le rapport de la commission Mitchell "d'établissement des faits". Tandis que l'Autorité de Yasser Arafat "accepte intégralement le rapport" rendu la veille aux deux parties, le gouvernement d'Ariel Sharon "considère que le rapport de la commission constitue une tentative constructive et positive de briser le cycle de la violence et faciliter la reprise des négociations de paix". Toutefois, l'Etat hébreu a émis deux réserves d'importance, rejetant l'appel de la commission Mitchell à un gel total de la colonisation et la critique d'un usage "excessif" de la force par Tsahal.

"Il sera particulièrement difficile de parvenir à un arrêt de la violence sans que le gouvernement israélien ne gèle toute construction dans les colonies." Hubert Védrine

Sur le plan international, alors que Yasser Arafat effectue depuis quelques jours le tour de plusieurs capitales du monde arabe — de l'Egypte à la Tunisie —, Ariel Sharon doit effectuer sa première tournée européenne au début du mois de juin. Cette visite devrait avoir valeur de test pour la diplomatie européenne — et française en particulier —, l'Union européenne et Paris ayant clairement pris position contre la politique d'expansion des colonies, à laquelle Ariel Sharon s'accroche avec ardeur. Selon le ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine, en effet, le rapport Mitchell estime "qu'il sera particulièrement difficile de parvenir à un arrêt de la violence (…) sans que le gouvernement israélien ne gèle toute construction dans les colonies."

Mais "céder sur ce point reviendrait aux yeux des Israéliens à reconnaître la victoire de l'Intifada", expliquait mercredi un diplomate européen ayant requis l'anonymat. De fait, le Premier ministre israélien et son gouvernement ont vertement critiqué les réserves françaises ces dernières semaines, estimant qu'elles ne "peuvent qu'encourager Yasser Arafat à continuer sur la voie du terrorisme et de la violence."

Par Léonard VINCENT le 17 mai 2001 à 15:40
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