© INTERNEDes membres des forces anti-émeutes ont commencé à insulter les marcheurs en les traitant de lâches et de bâtards. |
"Tout a commencé à 11 heures, raconte à tf1.fr une habitante de la ville qui ne participait pas aux manifestations. Une marche des médecins de Tizi-Ouzou pour dénoncer la violente répression des émeutes venait de se disperser dans le calme. Des membres des forces anti-émeutes ont alors commencé à insulter les marcheurs en les traitant de lâches et de bâtards et les provoquer en leur lançant des pierres. Excédés, des jeunes se sont attaqués aux policiers et gendarmes à coups de pierres et de cocktails molotov." Partis des alentours de la brigade de gendarmerie, les heurts se sont vite propagés aux autres quartiers de la ville. Cinq heures plus tard, les émeutes se poursuivaient encore à Tizi-Ouzou. "C’est un climat de guerre. Tout est fermé et l’Etat est totalement absent", souligne pour sa part Aomar Mohellebi, correspondant du quotidien algérois Liberté, joint par téléphone. En effet, les responsables locaux étaient injoignables tout au long de la journée de mercredi.
L'armée muette
Depuis quelques jours, la situation se résume à des face à face de plus en plus violents entre les manifestants et les forces de l’ordre. Un climat qui rappelle étrangement celui de janvier 1992, au lendemain de l’interruption du processus électoral et la destitution par l’armée du président Chadli Bendjedid. Des émeutes ont également éclaté dans d’autres localités de la wilaya (département) de Tizi-Ouzou, notamment à Ath Yenni, Beni Deoula et Tadmaït. A Béjaïa, l’autre grande ville de Kabylie, un calme précaire régnait pour le deuxième jour consécutif.
"Les membres des forces anti-émeutes sont fatigués. Parfois, les émeutes durent jusqu’à trois heures du matin." |
S’agit-il d’une rumeur destinée à tester la détermination des Kabyles ou y a t-il une volonté de faire intervenir l’armée ? Une chose est sûre : le conseil de sécurité qui regroupe les principaux dirigeants du pays vient de se réunir pour la deuxième fois depuis le début des émeutes et, depuis ce matin, des hélicoptères de l’armée algérienne survolent la ville de Tizi-Ouzou. Un mauvais signe pour les habitants de la région.
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