Sharon, critiqué, reste ferme

Par F.A. , le 20 mai 2001 à 11h32 , mis à jour le 20 mai 2001 à 12h14

Alors que la journée de dimanche a été plutôt calme dans les Territoires, Ariel Sharon se retrouve sous les feux des critiques. Les USA lui reprochent notamment d'avoir utilisé l'aviation pour répondre à l'attentat de Tel-Aviv. Le Premier ministre israélien ne veut néanmoins pas infléchir sa position.

sharon investiture 2 © INTERNE

"J'étais prêt à faire des concessions mais il nous faut maintenant nous défendre". Ariel Sharon a encore tenté dimanche de justifier l'utilisation de l'aviation pour répliquer aux violences qui embrasent les Territoires palestiniens. Mais le Premier ministre a bien du mal à convaincre du bien fondé des raids des F-16 américains, aussi bien en Israël qu'à l'étranger, et surtout aux Etats-Unis. Il est notamment critiqué par Dick Cheney. Le vice-président de George W. Bush a affirmé dimanche qu""Israël devrait arrêter" de recourir aux avions de combats, utilisés vendredi pour la première fois depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Dick Cheney rejoint ainsi quasiment la position de toute la communauté internationale.

Les méthoses d'Ariel Sharon sont également très contestées en Israël même. Yossi Sarid, chef de l'opposition de gauche, estime qu'elles peuvent desservir les intérêts et la sécurité d'Israël : "Ces raids ont fait des victimes chez les Palestiniens qui n'étaient pas liées au terrorisme. Or, les terroristes souhaitent précisément qu'il y ait un maximum de victimes, tant du côté israélien que palestinien, pour resserrer les rangs chez eux et justifier l'extrémisme", explique-t-il, précisant que "l'action du gouvernement israélien doit être sous-tendue par des objectifs politiques, et il ne faut pas considérer que la guerre est inéluctable. Il est toujours possible de l'éloigner".

Arafat renforcé

Mais le plus inquiétant pour Sharon provient des réserves émises par ses propres ministres. Son ministre de la Défense avoue que cela ne lui fait "pas plaisir de lancer ce genre d'opérations grandiloquentes. Et son ministre des Transports lui reproche de ne pas avoir convoqué le cabinet de sécurité avant les raids dans les Territoires palestiniens. Il semble donc, qu'au final, Yasser Arafat soit le grand vainqueur politique, moral et diplomatique de la journée de vendredi.

Malgré tout, cela n'empêche pas le Premier ministre de l'Etat hébreu d'infléchir sa ligne de "faucon". Alors que la journée de dimanche a été relativement calme -des incidents isolés ont néanmoins blessé sept palestiniens et un soldat israélien en Cisjordanie et Gaza-, il a en effet donné son feu vert à Tsahal pour "poursuivre des opérations ponctuelles contre les terroristes et d'user des moyens nécessaires". Aviation de chasse comprise...

Par F.A. le 20 mai 2001 à 11:32
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