© INTERNELe centre-ville de Lamitan est un champ de bataille. Retranchés dans un hôpital, les rebelles musulmans du groupe Abu Sayyaf continuent à narguer l’armée philippine. En plus de leurs prisonniers capturés dimanche dernier – parmi lesquels trois Américains – ils détiennent depuis samedi matin sur l'île de Basilan 200 personnes en otages, dont ils se servent comme boucliers humains. Et ils menacent de faire sauter le bâtiment qu’ils occupent si les militaires philippins poursuivent leurs offensives. De son côté, l’armée alterne attaques et négociations avec les ravisseurs. Six soldats ont été tués et 41 blessés lors d’une tentative pour déloger le commando ; cette attaque aurait aussi fait deux blessés parmi les otages. Du côté des rebelles, les pertes seraient plus lourdes encore : au moins dix hommes tués. La présidente Gloria Arroyo a annoncé à la télévision que le chef du groupe terroriste, Khadaffy Janjalani, serait au nombre des victimes. Un autre responsable, Abu Sabaya, également porte-parole du groupe, aurait été blessé.
"Notre commando suicide est prêt à se sacrifier"
![]() La prise d'otages dans l'hôpital de Lamitan - DR |
Généralement, les prises d’otages du groupe Abu Sayyaf se terminent par le versement d’une rançon. Mais le porte-parole d'Abu Sayyaf a nié que son groupe eût réclamé de l’argent, comme l'a affirmé vendredi un porte-parole de la présidence philippine. "Notre commando suicide est là, prêt à se sacrifier, à mourir ainsi qu'à tuer 200 civils pris en otages. Nous ne voulons pas de l'argent, nous voulons seulement le retour des îles de Sulu, de Basilan et de Tawi-Tawi" (situées au sud-ouest de l'archipel des Philippines), a déclaré Abu Sabaya.
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