Abu Sayyaf sous le feu de l'armée philippine

Par Franck LEFEBVRE , le 02 juin 2001 à 16h07 , mis à jour le 02 juin 2001 à 16h28

Les rebelles musulmans d'Abu Sayyaf, poursuivis par l'armée philippine, se sont retranchés dans un hôpital de l'île de Basilan où ils retiennent 200 personnes en otages. Ils menacent de faire sauter le bâtiment. Les militaires ont tenté sans succès de les déloger ; l'attaque aurait fait dix morts parmi les ravisseurs, dont le chef du groupe Khadaffy Janjalani.

abu sayyaf armee © INTERNE

Le centre-ville de Lamitan est un champ de bataille. Retranchés dans un hôpital, les rebelles musulmans du groupe Abu Sayyaf continuent à narguer l’armée philippine. En plus de leurs prisonniers capturés dimanche dernier – parmi lesquels trois Américains – ils détiennent depuis samedi matin sur l'île de Basilan 200 personnes en otages, dont ils se servent comme boucliers humains. Et ils menacent de faire sauter le bâtiment qu’ils occupent si les militaires philippins poursuivent leurs offensives. De son côté, l’armée alterne attaques et négociations avec les ravisseurs. Six soldats ont été tués et 41 blessés lors d’une tentative pour déloger le commando ; cette attaque aurait aussi fait deux blessés parmi les otages. Du côté des rebelles, les pertes seraient plus lourdes encore : au moins dix hommes tués. La présidente Gloria Arroyo a annoncé à la télévision que le chef du groupe terroriste, Khadaffy Janjalani, serait au nombre des victimes. Un autre responsable, Abu Sabaya, également porte-parole du groupe, aurait été blessé.

"Notre commando suicide est prêt à se sacrifier"


La prise d'otages dans l'hôpital
de Lamitan - DR
La traque des ravisseurs par les militaires philippins dure depuis une semaine. L'armée était parvenue vendredi à localiser le groupe de rebelles détenant les 20 personnes prises en otages dimanche dernier. Des affrontements avaient alors éclaté. Les rebelles en fuite ont fait leur entrée samedi à l'aube dans Lamitan, ville à majorité chrétienne, où ils se sont emparés d'un hôpital et d'une église. La cité, qui compte environ 50.000 habitants, a été interdite d'accès à la presse, suite aux instructions de "blackout" données par la présidente philippine Gloria Arroyo.

Généralement, les prises d’otages du groupe Abu Sayyaf se terminent par le versement d’une rançon. Mais le porte-parole d'Abu Sayyaf a nié que son groupe eût réclamé de l’argent, comme l'a affirmé vendredi un porte-parole de la présidence philippine. "Notre commando suicide est là, prêt à se sacrifier, à mourir ainsi qu'à tuer 200 civils pris en otages. Nous ne voulons pas de l'argent, nous voulons seulement le retour des îles de Sulu, de Basilan et de Tawi-Tawi" (situées au sud-ouest de l'archipel des Philippines), a déclaré Abu Sabaya.

Par Franck LEFEBVRE le 02 juin 2001 à 16:07
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